Citizen Poulpe - Critiques de films
  • Critiques de films
    • Toutes les critiques de films
    • Drame
    • Policier / Thriller
    • Horreur
    • Fantastique
    • Science-fiction
    • Comédies / Comédies dramatiques
    • Western
    • Espionnage
    • Guerre
    • Aventures / Action
    • Documentaire
    • Courts et moyens métrages
  • Extraits de films
  • Musique et cinéma
  • Dossiers
    • Dossiers thématiques
    • Portraits croisés
    • Personnalités
  • Recueil de nouvelles
    • Fuites d’encre – Nouvelles
    • Entre-deux – Nouvelles
  • Contact
"Seuls les rebelles" au Louxor
Actualités, Comédies / Comédies dramatiques 0

PCMMO 2026 : « Seuls les rebelles », de Danielle Arbid

Par Bertrand Mathieux · Le 3 avril 2026

Jeudi 2 avril à 20 heures, Le Louxor projetait, en avant-première, le nouveau film de Danielle Arbid, Seuls les rebelles, dans le cadre du festival PCMMO. Une soirée à la fois chaleureuse, pleine d’espoir et néanmoins, hantée par les échos de la guerre en cours au Moyen-Orient.

Récit de la soirée

Le PCMMO (Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient) est un festival qui se déploie, avec élégance serais-je tenté d’ajouter, dans plusieurs cinémas de Paris et « sa » (je mets des guillemets, l’usage de ce pronom possessif me semblant discutable) banlieue. De beaux cinémas d’ailleurs, tels que L’Ecran de Saint-Denis (dont je parlais récemment à l’occasion du festival Regards Satellites) et l’Espace 1789 à Saint-Ouen, mais aussi des lieux comme l’Institut du Monde Arabe et l’Université Paris 8.

Avec sa façade d’inspiration néo-égyptienne, qui s’élève à l’angle des boulevards de La Chapelle et Magenta, le Louxor se prête plutôt bien à cet événement cinématographique. Jeudi dernier, ce cinéma accueillait donc l’une des projections programmées par le PCMMO, celle consacrée au nouveau film de Danielle Arbid, Seuls les rebelles. (Danielle Arbid dont j’ai chroniqué, avec enthousiasme, deux des précédents longs métrages : Peur de rien et Passion simple).

Après un repas partagé au bar du Louxor avec une fée des Yvelines (qui se reconnaîtra), j’ai donc gagné la salle de projection où se trouvaient, en plus des spectateurs naturellement, la réalisatrice, la directrice de casting, les producteurs et plusieurs comédiens (mais pas Hiam Abbass, que j’avais eu la chance de voir au Trianon de Romainville pendant la projection du très beau documentaire réalisé par sa fille Lina Soualem, Bye Bye Tibériade).

Une déclaration d’amour

D’emblée, Danielle Arbid a tenu à évoquer le dispositif filmique très particulier adopté pendant le tournage : face à l’impossibilité de tourner au Liban à cause des bombardements israéliens de 2024 (qui, hélas, ont repris récemment), la réalisatrice française, d’origine libanaise (son film Peur de rien s’inspire d’ailleurs de son expérience en tant que personne immigrée arrivée en France dans les années 1990), a demandé à des proches vivant au Liban de filmer (sous sa direction) des rues, des décors réels qui ont ensuite servi d’images de fond, devant lesquelles les comédiens ont interprété (dans un studio en France, donc) les différentes scènes. Ce film est une illusion du Liban, et cette illusion est une déclaration d’amour, a lancé la cinéaste juste avant la projection.

Seuls les rebelles raconte une histoire d’amour entre Suzanne (Hiam Abbass, émouvante), une libanaise d’origine palestinienne, et Osmane (Mohamat Amine Benrachid, très grâcieux), un réfugié soudanais, dans le Beyrouth d’aujourd’hui. Il y est question de préjugés, de racisme, de précarité (celle des personnes sans papiers, en particulier), autant de phénomènes qui reflètent, en partie, une réalité au Liban mais qu’on observe un peu partout aujourd’hui, et notamment dans une France où l’extrême-droite est de plus en plus banalisée par un gouvernement complice et des médias complaisants.

Mais il y est aussi (surtout) question d’amour ; d’un amour très pur, très simple, entre deux personnes (entourées par une galerie de personnages truculents, parfois attachants malgré leurs défauts) dont l’âge, la religion et les origines diffèrent grandement. Les couleurs vives propres à la photo de Céline Bozon, et un dispositif produisant des images qui évoquent parfois de vieilles productions hollywoodiennes (Danielle Arbid s’est d’ailleurs inspirée d’un film de Douglas Sirk), favorisent un sentiment d’irréel, presque un côté conte, qui conviennent bien au sujet (même si, évidemment, on ne peut que déplorer les événements ayant entraîné cette contrainte formelle).

Par son récit mais aussi par sa forme et son procédé de mise en scène, Seuls les rebelles, plus expérimental que les précédents films de son autrice, renvoie à l’idée d’une beauté éphémère, fragile, perpétuellement menacée par les guerres impéralistes, mais aussi par le racisme et la xénophobie. La caméra de Danielle Arbid, et l’ensemble des comédiens (dont l’actrice et humoriste Shaden Fakih), paraissent vouloir la préserver, en garder une trace, en prendre soin.

Plus j’y repense, plus je me dis que le film est lié, d’une manière très directe, à l’une des vocations les plus poignantes du cinéma et de la photographie : saisir des images (de gens et de lieux) que le temps, ou des hommes, risque(nt) d’abîmer.

Consulter le site du PCMMO 2026

Danielle ArbidFestival de cinémaHiam AbbassLibanPCMMORéalisatrice
Partager Tweet

Bertrand Mathieux

Principal contributeur du blog Citizen Poulpe. Je suis également auteur de deux recueils de nouvelles. Parmi mes cinéastes préférés : Michael Cimino ; Claude Chabrol ; Maurice Pialat ; Michael Powell ; Kelly Reichardt ; Arthur Penn ; Olivier Assayas ; Emmanuel Mouret ; Léa Mysius ; Guillaume Brac ; Juliana Rojas ; Marco Dutra ; Francis Ford Coppola ; Michel Deville ; Laura Citarella ; Guillaume Nicloux ; Karim Moussaoui ; Woody Allen ; Sam Peckinpah ; Nacho Vigalondo ; Danielle Arbid ; Lina Soualem ; Jean-Pierre Melville ; David Lynch ; Billy Wilder ; David Mamet ; William Friedkin ; Nicolas Pariser ; Sergio Leone ; Jane Campion ; Jim Jarmusch ; Miguel Gomes ; Ari Aster ; Christian Vincent ; Sidney Lumet ; Ernst Lubitsch ; Gilles Marchand ; Alfred Hitchcock ; John Carpenter ; Otto Preminger ; Whit Stillman...

Vous aimerez également

  • PCMMO 2025 : Nahla, de Farouk Beloufa Drame

    PCMMO 2025 : Nahla, de Farouk Beloufa

  • PIFFF 2022 : Huesera, de Michelle Garza Cervera Actualités

    PIFFF 2022 : Huesera, de Michelle Garza Cervera

  • Festival Regards Satellites : chronique d’Ostende Actualités

    Festival Regards Satellites : chronique d’Ostende

Aucun commentaire

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Rechercher une critique de film

Facebook

Facebook

Dernières actualités

  • Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    27 avril 2026
  • Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    13 avril 2026

Critiques les plus récentes

  • Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    27 avril 2026
  • Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    13 avril 2026

Critiques les plus consultées

Blue Velvet
Les Diables (The Devils)
Cruising
Luke la main froide
Scarface
A cause des filles..?
Le Cercle rouge
Les Dents de la mer

Rechercher un film par thématique

  • Chronique intimiste
  • Critique sociale
  • Couples en plein doute
  • Détectives
  • Disparitions
  • Fantômes et apparitions
  • Féminisme
  • Jeux de l'amour et du hasard
  • Joies du libéralisme
  • Monstres et cie
  • Onirique
  • Politique
  • Questionnement identitaire
  • Réalisatrices
  • Récit initiatique
  • Relation vénéneuse
  • Sorcellerie
  • Transformation
  • Le travail c'est la santé

Abonnez-vous !

Abonnez-vous à Citizen Poulpe pour recevoir une notification par email à chaque nouvel article publié.

  • Critiques de films
    • Toutes les critiques de films
    • Drame
    • Policier / Thriller
    • Horreur
    • Fantastique
    • Science-fiction
    • Comédies / Comédies dramatiques
    • Western
    • Espionnage
    • Guerre
    • Aventures / Action
    • Documentaire
    • Courts et moyens métrages
  • Extraits de films
  • Musique et cinéma
  • Dossiers
    • Dossiers thématiques
    • Portraits croisés
    • Personnalités
  • Recueil de nouvelles
    • Fuites d’encre – Nouvelles
    • Entre-deux – Nouvelles
  • Contact

Dossiers cinéma

  • Les « Dinner Parties From Hell » au cinéma

    Les « Dinner Parties From Hell » au cinéma

    19 avril 2020
  • Qui suis-je ? Exemples de troubles identitaires au cinéma

    Qui suis-je ? Exemples de troubles identitaires au cinéma

    22 novembre 2018
  • Les légendes urbaines dans le cinéma des années 90 et 2000

    Les légendes urbaines dans le cinéma des années 90 et 2000

    30 mai 2018

Actualités

  • Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    27 avril 2026
  • Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    13 avril 2026
  • Format Court 2026 : carte blanche ville de Paris

    Format Court 2026 : carte blanche ville de Paris

    10 avril 2026

Musique et cinéma

  • Entretien avec Mocke, musicien et compositeur

    Entretien avec Mocke, musicien et compositeur

    11 mai 2025
  • Le Ballon rouge : réécriture de la musique originale

    Le Ballon rouge : réécriture de la musique originale

    3 avril 2021
  • « Safe Travels » par Peter and the Wolf dans « Villains »

    « Safe Travels » par Peter and the Wolf dans « Villains »

    25 avril 2020

Recherche

Consultez l’index des critiques de films.

Sites conseillés

Découvrez une sélection de sites conseillés par Citizen Poulpe.

Citizen Kane, c’est un film qui a révolutionné le cinéma, aussi bien par ses innovations visuelles que narratives. Le poulpe, et en particulier le poulpe géant, est un animal marin mythique, qui se démarque par son charisme, sa capacité d’adaptation, et sa connaissance de lui-même. Citizenpoulpe.com est un hommage au cinéma et à la grandeur solennelle du poulpe.

Blog sous license Creative Commons. Propulsé par WordPress.