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La fille à la recherche de la cabane
Actualités, Courts et moyens métrages 0

« La Fille à la recherche de la cabane » : interview de Phane Montet et de Mona Schnerb

Par Bertrand Mathieux · Le 14 juin 2026

Il y a quelques semaines, au Grand Action (un cinéma parisien, rue des Écoles), je me suis rendu à une séance du Ganache Festival, qui met en avant de jeunes réalisatrices et réalisateurs de cinéma. Parmi les quatre courts métrages (tous réussis) projetés ce soir-là figuraient La Fille à la recherche de la cabane, une oeuvre singulière mêlant documentaire et fiction, images filmées et animation.

Dans l’interview ci-dessous, la réalisatrice Phane Montet et la dessinatrice Mona Schnerb nous éclairent sur sa genèse et sa fabrication.

À propos du film

La Fille à la recherche de la cabane est un docu-fiction hybride dans sa forme et son contenu, évoquant le parcours artistique (et géographique) du dessinateur et graffeur Bilal Berreni à travers une quête intime, sensible et onirique, celle de la réalisatrice et narratrice Phane Montet ; quête qui finit par la mener en Laponie, où Bilal Berreni s’est rendu quelque temps avant la fin d’une vie trop brève.

Un séjour dont il reste une trace : un carnet de la cabane noirci de croquis. Arrivée sur place, Phane Montet cherche la cabane en question, guidée par le lien mystérieux qui la relie aux dessins de Bilal Berreni.

L’interview

Quelles sont vos formations respectives, et comment vous êtes-vous rencontrées ?

Phane Montet : De mon côté, j’ai fait une formation d’un an en réalisation documentaire à l’INA, durant laquelle j’ai fait mon film de fin d’études sur les graphs de Bilal (j’essayais de retrouver les fresques de Bilal qui existaient encore dans Paris, et je faisais réapparaitre celles qui avaient disparu, au montage). À la suite de ce premier film Au revoir Bilal, j’ai voulu continuer mon travail sur cet artiste, et j’ai donc commencé à travailler sur son carnet de la cabane. J’ai fait de premières interviews avec ses proches, puis je suis partie en Laponie une première fois en février 2020. À la suite de ce voyage, j’ai organisé au cinéma La Clef, avec des amis, une projection de courts métrages dans laquelle se trouvait deux films de Mona. Nous ne nous étions jamais rencontrées, et c’est lors de cette projection que nous nous sommes vues pour la première fois. J’avais bien aimé ses films, et je lui ai demandé dans un premier temps des conseils pour mon prochain film sur Bilal, dans lequel je voulais qu’il y ait de l’animation. Nous nous sommes appelées par la suite, pendant le confinement, et elle m’a proposé de travailler avec moi sur le film, et j’ai tout de suite accepté. Nous nous sommes revues à la sortie du confinement, nous avons travaillé ensemble durant deux jours, et notre collaboration avait commencé !

Mona Schnerb : J’ai commencé mes études de cinéma d’animation par un DMA au lycée Marie Curie de Marseille. Après deux ans, j’ai voulu poursuivre dans cette voie et j’ai rejoint l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, en Belgique. J’ai développé mon travail autour de techniques mixtes mêlant l’animation aux crayons papiers, l’aquarelle et le numérique. Pendant le confinement, j’ai intégré les Gobelins lors d’un Erasmus à Paris. C’est à cette période que j’ai eu l’occasion de rencontrer Phane et son projet de documentaire. Elle me parle de Bilal, de ses créations et de son aventure en Laponie. Elle me fait voyager par ce récit hors du commun. Je n’en demande pas plus et je me lance avec elle dans cette aventure qui nous portera pendant plus de 5 ans. 

Dans quelles circonstances avez-vous découvert le travail du peintre urbain Bilal Berreni ?

Phane Montet : Je l’ai découvert en septembre 2019, alors que je commençais mon année d’études en réalisation documentaire. J’avais lu un article dans un petit magazine étudiant qui racontait la vie de Bilal et qui mentionnait la projection du film qu’il a réalisé avec son ami Antoine Page, C’est assez bien d’être fou. Je suis allée à cette projection, qui se déroulait dans une médiathèque du 20e, à Paris, j’y ai vu le film qui m’a fait une très forte impression. La totale liberté dans laquelle était Bilal et son ami Antoine m’a impressionnée et enthousiasmée. Et je me suis rendue compte à ce moment là que j’avais déjà vu des graffs de Bilal dans Paris – je ne savais juste pas de qui ils étaient. À la suite de cette projection, j’ai rencontré Antoine Page, plusieurs fois, qui m’a raconté son histoire avec Bilal. Il m’a également ouvert ses archives (celles de Bilal) et permis de rencontrer ses autres proches. C’est en partie grâce à lui que j’ai pu commencer à faire ce film. Il m’a envoyé les carnets de Bilal qu’ils avaient édités, et c’est comme ça que j’ai découvert son carnet de la cabane. 

Le scénario s’est-il dessiné au fur et à mesure du tournage, ou disposiez-vous d’une trame assez précise avant de commencer à filmer ? Quelle place avez-vous laissé à l’imprévu ?

Phane Montet : Le scénario était à la fois là dès le départ et à mis en même temps très longtemps à se mettre en place (jusqu’à la fin du montage son, nous avons changé des choses dans le scénario !). Le voyage qui est raconté dans le film est très fortement inspiré par le premier voyage que j’ai effectué en Laponie en février 2020, mais chaque voyage a apporté son lot d’imprévus. J’ai fait quatre voyages en tout là bas, dont deux avec Mona et Sébastien Pont, l’ingé son et compositeur du film (mais aussi ami et qui a fait quelques images durant le troisième voyage). Le film comporte des images de tous les voyages, c’est pour ça que la matière est si hétéroclite, semblable à un carnet de voyage, comme celui de Bilal. Cependant, je dirais que l’imprévu s’est trouvé surtout durant le montage, qui a duré un an, et c’est là où l’écriture du film s’est vraiment faite concrètement. 

Photo du tournage de La Fille à la recherche de la cabane

Les images animées s’inspirent parfois de motifs provenant de l’œuvre de Bilal Berreni, mais les déclinent, les modifient, comme pour traduire les émotions et pensées qui traversent la narratrice. Avez-vous beaucoup discuté, en amont, de l’aspect que devraient avoir ces dessins, qui paraissent fondamentaux dans la narration ?

Mona Schnerb : Les dessins du film ont été un grand axe de réflexion, ils nous ont parfois guidé pour la narration, donnant du sens à certains plans du film. Pour comprendre le trait de Bilal et pouvoir le retranscrire au mieux, nous avons épluché tout son travail, nous avons passé beaucoup de temps dans ses archives et ses différents carnets pour ressentir et éprouver son travail. Dans nos recherches initiales, nous étions proches de son graphisme riche en détails pour finalement s’en éloigner progressivement et trouver notre propre langage pour le film. Nous avons gardé le noir et blanc et l’encre de chine et avons remplacé les murs des villes par des montagnes enneigés sur lesquels graffer.

Phane Montet : Le dessin de Bilal a été une boussole, mais Mona a vraiment trouvé son style à travers celui de Bilal. Antoine Page, un ami de Bilal, l’a résumé en une phrase : “c’est bien, ça ressemble à Bilal mais ce n’est pas lui”. C’est exactement ce que nous voulions faire, ne serait-ce qu’à travers les créatures que nous avons imaginées : l’homme oiseau (animal un peu totem de Bilal, qui est d’ailleurs plutôt un homme pigeon plutôt qu’un homme oiseau, m’ont précisé ses parents) était notre guide, mais les autres créatures sont vraiment nos créations (la femme élan, la femme louve, l’homme ours et l’homme corbeau ; Bilal ne dessinait pratiquement pas de figure féminine, par exemple).

Pouvez-vous décrire le processus de réalisation des dessins (en termes de support, de moment dans le projet, etc.) ? 

Mona Schnerb : Nous avons animé nos personnages avec le logiciel Tvpaint en redessinant chaque mouvement sans s’occuper de l’aspect final. Les dessins étaient au stade de la ligne simple, sans détails. Une fois le mouvement validé, nous imprimons chaque image sur une feuille blanche assez épaisse. Le trait est imprimé en très faible opacité et nous sert de guide. Nous venons ensuite donner l’aspect final du dessin avec des techniques traditionnelles pour garder l’aspect irrégulier et brut que l’on peut avoir avec l’encre de chine. Première couche, le trait au pinceau ; seconde couche, ombre et texture avec du fusain ; et troisième couche, un lavis d’encre de chine pour donner de la matière au dessin. Nous venons ensuite recomposer l’image sur l’ordinateur en scannant chaque dessin un par un et en venant les intégrer à notre décor, lui aussi réalisé à l’encre. 

L’étape de l’animation s’est faite une fois le montage en prise de vue réelle pratiquement terminé. Nous avions besoin de poser toutes les bases de l’histoire pour ne pas risquer d’animer des scènes qui n’avaient plus de sens une fois le montage validé. Certaines scènes du film se sont débloquées au dernier moment, il a fallu être assez souple pour laisser le temps à la construction de ce récit hybride. 

On a parfois le sentiment que vous avez utilisé les paysages enneigés, dans lesquels se déroule l’essentiel du film, presque comme un support, une matière sur laquelle les dessins prennent forme. Était-ce un parti pris ?

Mona Schnerb : Lorsque nous avons voulu travailler à la manière de Bilal, le graffiti était une évidence. Cependant, peindre sur les murs au fin fond de la Laponie nous a paru compliqué et nous aurions vite manqué de support. Nous avons commencé à animer sur des fenêtres, la gare, l’hôtel, mais la mise en place et le temps passé était beaucoup trop long et contraignant. Finalement, nous avons réfléchi au paysage comme une toile d’un tableau. Les lignes des arbres, le relief des montagnes, les blancs et les noirs nous donneraient une ligne à suivre. Nos créatures hybrides se dessinent et se confondent dans le paysage comme des caméléons. C’était notre manière à nous de graffer sur le support présent en Laponie. Le mélange entre la prise de vue réelle et l’animation peut être assez délicat, c’est pourquoi nous avons pris grand soin de masquer ces différences et avons cherché à intégrer au mieux ces deux techniques pour donner une impression de continuité.  

Phane Montet : Pratiquement dès le début du film, je voulais dessiner les créatures de Bilal sur ce paysage enneigé. Curieusement, lui qui faisait tout le temps des dessins immenses là où il était n’a laissé pratiquement aucune trace concrète là bas, il a simplement dessiné sur un carnet A4. Imprimer ses créatures sur le papier du film, c’était faire ce qu’il n’avait peut-être pas pu faire (ou plus exactement, faire ce que je rêvais qu’il fasse). Le paysage de la Laponie appelait ça, tout de noir et de blanc, il y avait donc une évidence dans laquelle nous nous sommes engouffrées très rapidement.

Je ne sais pas si vous avez vu le documentaire Apolonia, Apolonia, de Lea Glob, sur la peintre Apolonia Sokol. Votre film est très différent de celui-ci, mais leur point commun est, me semble-t-il, que tous deux parlent autant de la résonance que produit un artiste chez quelqu’un (la narratrice-réalisatrice, en l’occurrence) que de l’artiste lui-même. Etes-vous d’accord avec cela et si oui, est-ce que cet angle était une évidence pour vous, ou avez-vous d’abord envisagé un traitement plus classique, une sorte de reportage-hommage sur Bilal Berreni ?

Phane Montet : au début de mon travail, une société de production m’a proposé de faire un 52 minutes pour Arte sur Bilal Berreni. J’ai su immédiatement que je ne travaillerai pas avec eux, car c’est justement ce que je ne voulais pas faire – même si la vie de Bilal pourrait susciter un tel documentaire. Jamais je n’ai envisagé de m’extraire du film, même si au début j’imaginais être un peu moins présente.

Le documentaire Apolonia Apolonia est magnifique dans le parcours que suit cette artiste, mais aussi et surtout dans le lien qui se créé, et qui se sent, tout au long du film, entre Apolonia et la réalisatrice. C’est justement ça qui m’intéresse et que j’ai voulu créer dans mon film : un lien qui me relierait à Bilal, même mort, même inconnu de son vivant. C’est ce lien créé complètement artificiellement – mais qui est pour moi bien concret malgré tout – qui me semble “beau”, du moins qui exprime une tendresse, une capacité d’empathie avec l’autre (même si dans mon cas, je n’ai pas été en contact avec Bilal). Ce lien est “vivant”, il donne vie, dans tous les sens du terme, si je puis dire.

Le film est hybride tant dans sa forme que dans son contenu. Cela commence un peu comme un documentaire, mais progressivement, il m’a semblé que cela glissait vers autre chose ; par exemple, je trouve que les dernières scènes soulèvent des questions d’interprétation qui ne me paraissent pas propres au genre documentaire, mais plus proches d’une forme de fantastique, en tout cas de fiction. Est-ce que cette liberté, cette porosité entre plusieurs registres est quelque chose qui vous intéresse, et que vous souhaitez explorer davantage ?

Phane Montet : Cette hybridité entre les genres est quelque chose que je cherchais assez tôt dans le processus – la scène animée de la fin (que nous appelons entre nous “le bal des animaux”) est une scène qui était là depuis le début, bien qu’elle ait subi de nombreuses transformations. Cependant, cette hybridité s’est construite également tout au long du film, et le personnage de “l’inconnu”, à la fin, est venu finalement assez tardivement. D’ailleurs, au départ, ce personnage mystérieux était beaucoup plus concret dans une version du film : c’est Sébastien (ingé son et compositeur du film) qui m’a proposé de le rendre bien plus énigmatique, ce que j’ai trouvé très pertinent. Nous avons donc créé cette ambiance presque fictionnelle (car tout est vrai dans ce qui est raconté), en tout cas fantastique, pour cette dernière partie du film. 

Cela m’a semblé aussi très pertinent car Bilal lui même faisait ça : il racontait à partir du réel – ce qu’il décrit dans son carnet est a priori vrai – mais il le raconte d’une façon très romancée et romanesque. Il fantasmait en permanence sa vie, et il travaillait d’arrache pied pour que son fantasme corresponde à sa réalité. C’est une des choses qui m’a le plus plu chez lui, et c’est ce qui ressort également dans le film.

Enfin, plus largement au cinéma, j’aime les films qui se saisissent de tous les outils à leur disposition et ne font pas forcément de distinctions strictes entre documentaire et fiction, mais justement se servent de cette frontière factice entre les deux genres pour créer autre chose. Beaucoup de films considérés comme “documentaires” ont particulièrement cette souplesse dans l’écriture je trouve – pas assez de fiction malheureusement, quoique les films de Chris Marker, et dans la même lignée le premier long métrage de Para One “Spectre”, explorent à fond cette porosité, et je trouve ça merveilleux.

Les échos qu’un artiste laisse derrière lui, la façon dont son œuvre résiste (ou non d’ailleurs) au passage du temps : ces thèmes semblent vous toucher particulièrement. Avez-vous l’intention de continuer à les explorer ?

Phane Montet : C’est évidemment un thème qui me touche, et que j’explore surtout dans mon premier film “au revoir bilal” où je vais chercher les graphs de Bilal qui ont survécu (ou non) au temps, dans Paris. Cependant, encore plus que ça, c’est la disparition, la mort, le manque, qui me travaillent beaucoup, et comment à partir d’une disparition quelque chose peut continuer, peut se créer – comme Bilal laisse un héritage dont on peut se saisir et continuer à tisser un fil. C’est une idée qui me porte beaucoup, et des livres comme “Au bonheur des morts” de Vinciane Desprets me permettent d’approfondir cela. Peut-être que je continuerai à l’explorer, car je pense que le cinéma a beaucoup à voir avec la mort et la disparition (sans que cela soit toutefois plombant et mortifère ^^). 

Enfin, ce que je voulais avec ce film dès le départ, c’est faire connaître l’œuvre et la vie de Bilal, d’en faire éprouver la joie, l’excitation et la richesse – et je pense que d’après votre question, c’est un objectif plutôt atteint 🙂 

Avez-vous d’autres projets en cours, en commun ou non ?

Mona Schnerb : Trouver un binôme de création avec qui l’on va pouvoir tout vivre les joies, la promiscuité, les complications, les échecs comme les réussites je pense que c’est assez rare. Avec Phane, on a partagé ces moments et grandi ensemble dans ce début de vie professionnelle, on continue à se suivre et à s’épauler dans nos différents projets. 

De mon côté, j’aime fabriquer des films qui se construisent en quelques jours, en collectif ou en solitaire. J’ai rejoint une super association dans le Vaucluse, Images Fertiles, nous organisons des ateliers autour de l’éducation à l’image. À côté, je travaille en tant qu’animatrice dans différents studio en région Sud et je passe beaucoup de temps dans la nature à imaginer un film futur autour des oiseaux. 

Phane Montet : Déjà, nous accompagnons le film toutes les deux, et c’est vraiment un travail commun (et très joyeux !). Dans l’immédiat, nous n’avons pas de projet en commun (de mon côté je gagne ma vie en tant que réalisatrice sonore à Radio France et dans le podcast indépendant, notamment avec un podcast que j’ai co-créé Cinéphiles de notre temps sur le cinéma), mais comme l’a si bien dit Mona, nous sommes devenues amies et nous nous suivons et épaulons dans la vie désormais ! J’apprécie énormément la créativité et la joie que Mona a dans tout ce qu’elle fait, c’est quelque chose de très précieux, et je sais que j’aimerai l’avoir à mes côtés pour de futurs projets cinématographiques (ou autres) si cela nous semble pertinent à toutes les deux.

Liens utiles

Cinéphiles de notre temps, portraits audio de cinéastes par Phane Montet et Clément Coucoureux.

Images Fertiles, l’association d’éducation aux images et au cinéma dont fait partie Mona Schnerb (dont le site personnel est disponible ici).

Au-revoir Bilal, le film de fin d’études de Phane Montet sur Bilal Berreni.

C’est assez bien d’être fou, le site du film de Bilal Berreni et Antoine Page.

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Bertrand Mathieux

Principal contributeur du blog Citizen Poulpe. Je suis également auteur de deux recueils de nouvelles. Parmi mes cinéastes préférés : Michael Cimino ; Claude Chabrol ; Maurice Pialat ; Michael Powell ; Kelly Reichardt ; Arthur Penn ; Olivier Assayas ; Emmanuel Mouret ; Léa Mysius ; Guillaume Brac ; Juliana Rojas ; Marco Dutra ; Francis Ford Coppola ; Michel Deville ; Laura Citarella ; Guillaume Nicloux ; Karim Moussaoui ; Woody Allen ; Sam Peckinpah ; Nacho Vigalondo ; Danielle Arbid ; Lina Soualem ; Jean-Pierre Melville ; David Lynch ; Billy Wilder ; David Mamet ; William Friedkin ; Nicolas Pariser ; Sergio Leone ; Jane Campion ; Jim Jarmusch ; Miguel Gomes ; Ari Aster ; Christian Vincent ; Sidney Lumet ; Ernst Lubitsch ; Gilles Marchand ; Alfred Hitchcock ; John Carpenter ; Otto Preminger ; Whit Stillman...

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