Citizen Poulpe - Critiques de films
  • Critiques de films
    • Toutes les critiques de films
    • Drame
    • Policier / Thriller
    • Horreur
    • Fantastique
    • Science-fiction
    • Comédies / Comédies dramatiques
    • Western
    • Espionnage
    • Guerre
    • Aventures / Action
    • Documentaire
    • Courts et moyens métrages
  • Extraits de films
  • Musique et cinéma
  • Dossiers
    • Dossiers thématiques
    • Portraits croisés
    • Personnalités
  • Recueil de nouvelles
    • Fuites d’encre – Nouvelles
    • Entre-deux – Nouvelles
  • Contact
Cannes 2024 (ouverture)
Actualités 0

Cérémonie d’ouverture Cannes 2024 + Le Deuxième acte

Par Bertrand Mathieux · Le 15 mai 2024

Hier soir, j’assistais, avec pas mal d’autres spectateurs, à une séance spéciale au Pathé Wepler, combinant la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes 2024 et l’avant-première du nouveau film de Quentin Dupieux, Le Deuxième acte, projeté hors compétition. Retour sur la soirée.

La cérémonie

Je ne suis pas particulièrement friand du festival de Cannes, même si je ne nie pas son aura et son importance. Deux Palmes d’or remises à l’un des réalisateurs les plus donneurs de leçons et arrogants de sa génération avaient achevé de m’éloigner de cet événement paradoxal, déchiré entre son aspect légendaire, ses origines finalement sociales et politiques (certains défenseurs du gouvernement actuel devraient s’en rappeler, avant de condamner bêtement le discours anti réforme des retraites de Justine Triet en 2023) et son luxe superficiel, souvent à milles lieux des valeurs portées par les films en compétition. Quant à la cérémonie d’ouverture, je la juge souvent plutôt verbeuse, même si je me garderais bien de généraliser ce constat.

Celle de l’édition 2024 m’a néanmoins conquis, et ce, très rapidement. Le discours de la maitresse de cérémonie, la comédienne Camille Cottin, parfaitement calé sur un fond musical inspiré (composé par Worakls), s’est avéré percutant ; tantôt drôle, tantôt grave, tantôt les deux en même temps (la référence attendue à MeeToo, habilement glissée), il a produit d’autant plus d’effet que l’actrice l’a prononcé avec une aisance et une précision bluffantes, tout en occupant l’espace avec brio.

Un discours rythmé et précis

Le discours de la présidente du jury, Greta Gerwig (The House of the Devil ; Baghead ; Frances Ha), s’est démarqué d’une autre façon : une sincérité et une spontanéité désarmantes, l’actrice-réalisatrice ayant simplement confié son émotion et sa reconnaissance sans chercher à placer des grandes phrases sur le cinéma, tandis que son expression réflétait l’authenticité de ses propos.

Belle reprise d’une chanson culte en hommage à une scène de film qui l’est tout autant

Deux autres temps forts ont ponctué la cérémonie : la reprise, par une Zaho de Sagazan à la fois habitée et très juste, de la chanson Modern Love de David Bowie, en hommage à l’un des rôles mythiques de Gerwig et plus particulièrement à une scène inoubliable de Frances Ha ; puis la remise, par une Juliette Binoche admirative et parfois bouleversée, d’une Palme d’or d’honneur à Meryl Streep.

Deux grandes comédiennes réunies sur la scène, qui ont déclaré l’ouverture de la 77ème édition du festival

Bref, ce fut une belle entrée en matière, marquée par des personnalités féminines fortes et inspirantes.

Avant de passer à une rapide chronique du film d’ouverture, rappelons que le festival se déroule cette année sur fond de revendications sociales : le collectif Sous les écrans, la dèche réunit les travailleurs mobilisés sur les festivals de cinéma, qui ont été exclus, en 2003, du régime de l’assurance chomage des intermittents du spectacle, et qui souffrent donc directement des réformes récentes, et brutales, menées par le gouvernement Macron (dont une réduction des indemnités chomage). Plus d’informations à ce sujet dans cet article.

Le Deuxième acte : critique express

Quentin Dupieux s’est montré particulièrement insistant dans sa volonté d’éviter toute fuite et tout spoilers avant la présentation de son nouveau film, son treizième, intitulé Le Deuxième acte. Précaution qui me semble rétrospectivement un peu superflue, le film reposant sur une mécanique à laquelle il nous a habitué et plus généralement sur un effet de mise en abyme assez classique, mais passons.

Il y a quelques bonnes choses ici, et ce n’est pas un fan de ce réalisateur qui le dit. Déjà, la plupart des plans séquence fonctionnent bien, les quatre comédiens principaux (Quenard Lindon Seydoux Garrel) se montrant tous précis dans leur jeu. On connaît la méthode Dupieux : il répète beaucoup en amont, puis tourne très vite. Assurément, c’est un procédé qu’il maîtrise. Niveau texte, c’est parfois drôle, parfois franchement potache et vraiment lourd, mais comme c’est réglé à la seconde près, on rit parfois, notamment au cours de la première partie.

Bande-annonce du Deuxième acte

Le film aborde plusieurs thèmes, certains récurrents chez Dupieux (le narcissisme des artistes opposé à la condition du citoyen lambda, ici incarné, avec talent, par Manuel Guillot – mais c’est une figure qu’on retrouve dans Yannick et aussi dans Daaaaaali), d’autres dans l’air du temps (l’intelligence artificielle et son impact sur la création artistique ; la cancel culture et MeToo, sur lequel le film cumule des poncifs assez plats).

Le problème, c’est que comme à son habitude, le cinéaste est davantage soucieux de surprendre la galerie par des pirouettes narratives que de développer un véritable point de vue, allant même jusqu’à faire des choix qui contredisent son (supposé) propos (je n’en dirai pas plus, volontairement). Personnellement, du fait de ce travers systématique chez Dupieux, j’ai trouvé les vingt dernières minutes très plates, voire assez idiotes (sachant que le film dure 1h20), et me suis dit une nouvelle fois qu’un certain savoir faire est ici tantôt bien exploité, tantôt gâché par de vains effets de manche et même, par un état d’esprit limite réac et au ras des pâquerettes (la scène entre Quenard et Lindon vers la fin, ça n’aurait déjà pas été drôle dans les années 90, là c’est carrément à côté de la plaque).

Pour découvrir la liste des films en compétition à Cannes cette année (dont le très attendu nouveau long métrage de Francis Ford Coppola, le premier depuis Twixt), c’est par ici.

Camille CottinFestival de CannesGreta GerwigMeryl Streep
Partager Tweet

Bertrand Mathieux

Principal contributeur du blog Citizen Poulpe. Je suis également auteur de deux recueils de nouvelles. Parmi mes cinéastes préférés : Michael Cimino ; Claude Chabrol ; Maurice Pialat ; Michael Powell ; Kelly Reichardt ; Arthur Penn ; Olivier Assayas ; Emmanuel Mouret ; Léa Mysius ; Guillaume Brac ; Juliana Rojas ; Marco Dutra ; Francis Ford Coppola ; Michel Deville ; Laura Citarella ; Guillaume Nicloux ; Karim Moussaoui ; Woody Allen ; Sam Peckinpah ; Nacho Vigalondo ; Danielle Arbid ; Lina Soualem ; Jean-Pierre Melville ; David Lynch ; Billy Wilder ; David Mamet ; William Friedkin ; Nicolas Pariser ; Sergio Leone ; Jane Campion ; Jim Jarmusch ; Miguel Gomes ; Ari Aster ; Christian Vincent ; Sidney Lumet ; Ernst Lubitsch ; Gilles Marchand ; Alfred Hitchcock ; John Carpenter ; Otto Preminger ; Whit Stillman...

Vous aimerez également

  • Cannes 2017 : après Don Siegel, Sofia Coppola adapte à nouveau « Les Proies » Actualités

    Cannes 2017 : après Don Siegel, Sofia Coppola adapte à nouveau « Les Proies »

  • « The House That Jack Built » secoue la croisette Actualités

    « The House That Jack Built » secoue la croisette

  • Le Mystère Henri Pick Comédies / Comédies dramatiques

    Le Mystère Henri Pick

Aucun commentaire

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Rechercher une critique de film

Facebook

Facebook

Dernières actualités

  • Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    27 avril 2026
  • Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    13 avril 2026

Critiques les plus récentes

  • Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    27 avril 2026
  • Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    13 avril 2026

Critiques les plus consultées

Snow Therapy
La Moustache
Blue Velvet
The Invitation
Society
Rue des Dames
La Proie d'une ombre
What You Wish For

Rechercher un film par thématique

  • Chronique intimiste
  • Critique sociale
  • Couples en plein doute
  • Détectives
  • Disparitions
  • Fantômes et apparitions
  • Féminisme
  • Jeux de l'amour et du hasard
  • Joies du libéralisme
  • Monstres et cie
  • Onirique
  • Politique
  • Questionnement identitaire
  • Réalisatrices
  • Récit initiatique
  • Relation vénéneuse
  • Sorcellerie
  • Transformation
  • Le travail c'est la santé

Abonnez-vous !

Abonnez-vous à Citizen Poulpe pour recevoir une notification par email à chaque nouvel article publié.

  • Critiques de films
    • Toutes les critiques de films
    • Drame
    • Policier / Thriller
    • Horreur
    • Fantastique
    • Science-fiction
    • Comédies / Comédies dramatiques
    • Western
    • Espionnage
    • Guerre
    • Aventures / Action
    • Documentaire
    • Courts et moyens métrages
  • Extraits de films
  • Musique et cinéma
  • Dossiers
    • Dossiers thématiques
    • Portraits croisés
    • Personnalités
  • Recueil de nouvelles
    • Fuites d’encre – Nouvelles
    • Entre-deux – Nouvelles
  • Contact

Dossiers cinéma

  • Les « Dinner Parties From Hell » au cinéma

    Les « Dinner Parties From Hell » au cinéma

    19 avril 2020
  • Qui suis-je ? Exemples de troubles identitaires au cinéma

    Qui suis-je ? Exemples de troubles identitaires au cinéma

    22 novembre 2018
  • Les légendes urbaines dans le cinéma des années 90 et 2000

    Les légendes urbaines dans le cinéma des années 90 et 2000

    30 mai 2018

Actualités

  • Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1

    27 avril 2026
  • Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5

    13 avril 2026
  • Format Court 2026 : carte blanche ville de Paris

    Format Court 2026 : carte blanche ville de Paris

    10 avril 2026

Musique et cinéma

  • Entretien avec Mocke, musicien et compositeur

    Entretien avec Mocke, musicien et compositeur

    11 mai 2025
  • Le Ballon rouge : réécriture de la musique originale

    Le Ballon rouge : réécriture de la musique originale

    3 avril 2021
  • « Safe Travels » par Peter and the Wolf dans « Villains »

    « Safe Travels » par Peter and the Wolf dans « Villains »

    25 avril 2020

Recherche

Consultez l’index des critiques de films.

Sites conseillés

Découvrez une sélection de sites conseillés par Citizen Poulpe.

Citizen Kane, c’est un film qui a révolutionné le cinéma, aussi bien par ses innovations visuelles que narratives. Le poulpe, et en particulier le poulpe géant, est un animal marin mythique, qui se démarque par son charisme, sa capacité d’adaptation, et sa connaissance de lui-même. Citizenpoulpe.com est un hommage au cinéma et à la grandeur solennelle du poulpe.

Blog sous license Creative Commons. Propulsé par WordPress.