Film de Nicholas Tomnay
Année de sortie : 2024
Pays : Etats-Unis
Scénario et montage : Nicholas Tomnay
Photographie : Mateo Guzmán
Musique : Jeff Russo et Tracie Turnbull
Avec : Nick Stahl, Tamsin Topolski, Randy Vasquez, Penelope Mitchell
What You Wish For propose un récit habilement construit qui, peu à peu, symbolise les conséquences les plus brutales du capitalisme.
Synopsis du film
Ryan (Nick Stahl) est un cuisinier talentueux, mais criblé de dettes. Pour fuir de dangereux créanciers, il part passer quelques jours chez Jack (Brian Groh), un ancien colocataire et copain d’études.
Jack, également chef cuisinier, semble s’en être plutôt bien sorti financièrement ; mais en quoi consiste son travail exactement ? Des circonstances inattendues vont permettre à Ryan de le découvrir peu à peu…
Critique de What You Wish For
Ce que l’on espère
. C’est la traduction littérale du titre du second long métrage de Nicholas Tomnay. Vaste question, sur laquelle le film apporte un éclairage pour le moins grinçant et ironique.
Cet éclairage se précise peu à peu, au fil d’un récit dont la mise en place est particulièrement habile. On a à peu près tout raconté (façon de parler) au cinéma ; c’est surtout dans la manière de raconter qu’on peut encore étonner, séduire, interpeller. En l’occurrence, pendant une bonne partie du film, le spectateur s’interroge sur les véritables intentions des personnages, sur la tournure que vont prendre les événements et même, sur le genre cinématographique qui va finir, peut-être, par s’imposer (thriller ? horreur ? comédie ?).
Intelligemment, la réalisation et l’écriture, mais aussi le jeu subtil des comédiens (Nick Stahl en tête ; mais Brian Groh est d’une opacité parfaite), se gardent de nous donner trop d’indices sur ces différents points. Zach Cregger avait tenté de produire le même genre d’impression avec Barbarian ; malheureusement, on ne peut pas se contenter d’une bonne mise en place : encore faut-il qu’elle serve à introduire une histoire intéressante, porteuse d’un regard, d’un minimum de sens ou d’émotion. Là où Barbarian se résume à un simple procédé narratif qui finit par tourner à vide, What You Wish For nous raconte quelque chose ; nous parle d’ambition, de désirs (essentiellement matérialistes et consuméristes) et surtout, de leurs effets sur la société.
Avec un certain brio et beaucoup d’humour (noir), What You Wish For reflète une réalité sombre : dans le monde actuel (c’est-à-dire, un monde capitaliste et ultra libéral, pour l’essentiel), le profit (le large profit, disons) entraîne souvent des conséquences brutales et injustes, qu’elles soient directes ou indirectes. C’est un constat qui trouve, dans la réalité de tous les jours, d’innombrables illustrations, celle choisie par le metteur en scène étant à la fois outrancière et pertinente, si on la considère comme une métaphore (ce qu’elle est, de toute évidence).
Et c’est là que le titre du film prend tout son sens : on sait parfois ce que l’on espère, mais espère-t-on aussi ce qui va, inévitablement, en découler ? Dans le cas du protagoniste du film, la réponse ne fait guère de doute…
Interview (en anglais) de Nicholas Tomnay
Interview du réalisateur et scénariste de What You Wish For sur le site filmobsessive. Il évoque notamment les influences de l’écrivaine américaine Patricia Highsmith et du cinéaste britannique Alfred Hitchcock ; deux auteurs qui aimaient, entre autres, manier l’ambiguïté.






















2 commentaires
Le titre du film sous-entend une menace, car il est extrait d’un vieil adage anglais : « be careful what you wish for », soit « prends garde à ce que tu désires » (tu pourrais bien l’obtenir). On imagine que ça ne se termine pas très bien.
Merci pour cette critique mystérieuse, qui donne envie de voir le film pour savoir ce que le personnage désire vraiment, et surtout sous quelle forme il finit par l’obtenir !
Ah très intéressant ! Je ne connaissais pas cet adage. Le titre y fait clairement référence, en effet !