Ce dimanche 6 avril s’est terminée l’édition 2025 du festival Format Court, qui s’est déroulée comme chaque année au Studio des Ursulines (Paris 5). Après avoir chroniqué deux courts (Qu’importe la distance et Cola de León) et la séance Focus Rotterdam, je vous propose cette fois-ci une sélection de quatre films issus des compétitions 2, 3 et 4.
Car Wash
La réalisatrice Laïs Decaster filme sa sœur Auréa en train de nettoyer, de bichonner même, sa voiture dans une station service. La jeune femme est directe : elle n’a pas la langue dans sa poche, et parle sans détours de sa vie amoureuse ; du sport ; de ses galères ; de ses envies…
On rit souvent, tout simplement parce qu’Auréa est drôle : sa spontanéité, sa sincérité, sa franchise prêtent à sourire, mais jamais à se moquer. Ses confidences reflètent le quotidien et les aspirations d’un être unique mais aussi, par petites touches, des aspects plus générationnels et sociétaux. Ou comment l’exploration de l’intime, du personnel permet aussi de toucher au collectif. Par ailleurs, et sans le revendiquer, Auréa incarne naturellement une féminité que le cinéma montre, encore aujourd’hui, assez rarement.
On dirait un peu un épisode des Pieds sur terre, l’émission de France Culture, avec des images. Venant de ma part, c’est un compliment !
Mille moutons
J’ai entendu récemment les critiques du Masque et la plume parler de film métier
(lors d’une chronique sur le récent Magma) au sujet de ces longs métrages dont le contenu décrit, de façon assez précise, une profession x ou y. Assurément, Mille moutons s’inscrit dans cette sous-catégorie, tant le film d’Omer Shamir nous plonge dans le quotidien d’un jeune berger peu expérimenté.
Le film se concentre plus particulièrement sur la relation entre le berger et son chien, animal totalement indispensable à son activité ; relation qu’un événement bien précis, à la fois banal (dans le sens de courant) et dramatique, va altérer. Très bien filmé, écrit avec sobriété et délicatesse, Milles moutons reflète un regard sensible sur le vivant, au sens large. Et l’on a bien besoin de ce genre de regard en ce moment…
Comment savoir ?
Un jeune homme interroge une IA (Le Chat) pour tenter d’identifier la nature de ses sentiments envers l’un de ses plus proches amis. Une méthode et une interface modernes, mais des questionnements intemporels. Comment savoir ?, de Joachim Larrieu, flotte entre ces deux aspects : d’un côté, des outils (dont le scénario révèle parfois, avec humour, les limites) qui sont autant de marqueurs de notre époque et de l’autre, un sujet qui traverse les siècles. Le ton n’est pas naturaliste : certes réaliste dans son contenu, cette comédie est portée par une fantaisie tendre et douce, palpable dans le jeu des comédiens et dans un final idyllique. Tout cela est bien joli, et contrairement aux idées reçues qu’on entend parfois en matière d’art, joli
n’est pas un synonyme de superficiel !
Crave
Très différent de Qu’importe la distance, Crave repose, comme ce dernier, sur une question qui tient en haleine le spectateur : mais quelle est le but, l’intention du personnage principal – en l’occurrence, de ces deux hommes qui se rencontrent dans un village breton à la nuit tombée, de toute évidence suite à une prise de contact virtuelle. Un banal date amoureux ? Autre chose de plus singulier ?
Je me garderais évidemment de déflorer le scénario du court métrage de Mark Middlewick, un réalisateur qui sait planter une ambiance et susciter la curiosité, sans avoir recours à des effets faciles. Tout passe par des plans soignés ; un décor évocateur ; une bande son minimaliste ; des répliques allusives et surtout, des non-dits. À la fin, chacun croit un peu ce qu’il veut croire. On peut aussi choisir de ne pas trancher, et de repartir de cette histoire brève avec un point d’interrogation.
Liens autour du festival Format Court
Voici des liens vers différents articles consacrés à Format Court et vers les archives 2025 / 2025. Vous pouvez également prendre connaissance du Palmarès sur le site officiel du festival.
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