Film de Léo Fontaine
Année de sortie : 2024
Pays : France
Scénario : Léo Fontaine
Photographie : Olivier Ludot
Montage : Hugues Dardart
Musique : Côme Ordas
Avec : Sylvia Homawoo, Yves-Batek Mendy
Pour son nouveau court métrage, projeté lors de la séance n°1 du festival Format Court, le jeune cinéaste Léo Fontaine délaisse la chronique adolescente pour aborder une thématique plus sociale.
Synopsis
Yalla (Sylvia Homawoo) quitte son poste d’aide soignante de nuit, aux alentours de 5 heures du matin, visiblement sans y être autorisée par sa hiérarchie. Commence alors un long périple en transports en commun, dont le film ne révèle que tardivement la finalité.
Critique de Qu’importe la distance
Qu’importe la distance est un film en mouvement ; on y suit une femme qui se déplace d’abord dans la nuit, puis au petit jour. D’emblée, on comprend qu’elle doit être à un moment précis en un lieu précis, et l’air anxieux que reflète le visage de la comédienne Sylvia Homawoo suggère que l’enjeu est important (on y lit aussi de la fatigue, celle des travailleurs mal considérés et peu rémunérés).
La tension narrative repose sur des questions en suspens : où donc se rend Yalla, pour quelle raison, et y-sera-t-elle à temps ? La réalisation, très centrée sur la protagoniste (la caméra la cadre presque constamment, dans un format 4/3 qui convient au sujet), nous fait ressentir l’angoisse qu’elle éprouve, exacerbée successivement par les aléas des transports en commun, l’oubli d’un document important, un coup de fatigue, etc.
Comme je le précisais, le film commence dans la nuit mais au cours d’un trajet en bus, Léo Fontaine filme un jour naissant, ce qui donne une très jolie scène, porteuse d’un espoir fragile que le spectateur perçoit sans en comprendre, encore, le véritable objet. Bien que les articles dédiés au film le révèlent, je préfère ici m’en abstenir, car le fait de ne pas le connaître a, personnellement, contribué à rendre mon expérience de spectateur plus intense et émouvante.
Je me contenterai donc de dire que Qu’importe la distance traite de difficultés connues par des gens confrontés à une situation dont on parle peu, que ces difficultés sont liées à un système qui produit et reproduit des inégalités de différentes sortes, et que le film touche également à un sujet majeur dont le pouvoir politique actuel ne parle que pour engranger des voix du côté de la droite dure et de l’extrême droite. Ce qui signifie, en d’autres termes, qu’il en parle bêtement et brutalement.
L’émotion nait ici de détails, au niveau du jeu de l’actrice et de la mise en scène. Rien n’est surligné, toute forme de pathos est évitée : c’est délicat comme une lueur à l’aube, et comme la musique originale du jeune compositeur Côme Ordas, laquelle se fait entendre à un moment clé du film.
Si vous ne craignez pas d’en apprendre davantage sur le contenu de ce beau court métrage avant de le découvrir, ou si vous l’avez déjà vu, je vous invite à lire cette interview du réalisateur sur le site de Format Court. Et pour connaitre le programme détaillé de ce festival passionnant, c’est par ici.
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