Film de Sonia Franco
Année de sortie : 2024
Pays : Colombie, France
Scénario (et probablement montage) : Sonia Franco
Photographie : Manuel Bolaños
Avec : José Lubier Lopez Corrales, Elio Giusti Carneiro Da Cunha, Jorge Guerra, Marie Kauffmann, Gloria Rodriguez, Juan Ochoa, Javier Tabares
Avec Cola de León, Sonia Franco explore le sentiment flottant et trouble de celles et ceux qui ont connu l’expérience de l’exil.
Synopsis
Jorge, colombien exilé politique en France depuis dix-sept ans, apprend qu’il va pouvoir retourner au pays. Louis, son fils de onze ans, s’inquiète de ce départ. Tous deux passent de derniers moments ensemble, avant une séparation d’une durée indéterminée.
Critique de Cola de León
La situation en Colombie est marquée, depuis des décennies, par des conflits brutaux entre groupes opposés. Des associations portées par des français d’origine colombienne mènent d’ailleurs, en France, des actions de sensibilisation à ce sujet, comme, par exemple, l’association Ciudadanías por la paz de Colombia, dont je croise parfois les membres dans le 18ème arrondissement parisien. L’actualité récente, marquée par des affrontements violents entre deux groupes armés, ne donne hélas guère de raisons de se réjouir.
Cola de León, programmé dans le cadre du festival Format Court, fait écho à l’histoire agitée de ce pays d’Amérique du Sud, le personnage principal l’ayant fui pour des raisons politiques. Le scénario de Sonia Franco n’explique pas précisément ce qui se déroule là-bas, entreprise qui serait, sans doute, peu adaptée au format court-métrage ; la réalisatrice préfère procéder par allusions et surtout, tenter de saisir cet état d’esprit vague, cet entre-deux permanent que ressent Jorge et qui doit être commun à beaucoup d’immigrés (cette impression de n’être ni de son pays d’accueil, ni de son pays d’origine).
Le visage du comédien José Lubier Lopez Corrales, souvent empreint d’un air lointain, exprime bien l’intériorité floue de son personnage. Sa relation avec son fils, né en France, permet de poser une question intéressante : que transmettre à ses enfants, et comment les accompagner dans leur parcours, quand on éprouve soi-même un tel déracinement ? En d’autres termes, comment entretenir des liens quand on a dû briser les siens ?
Cola de León y répond à travers les vers d’une jolie chanson, interprétée sur une plage du Calvados ; pour être plus précis, le dernier plan a été tourné sur la digue de Saint-Aubin-sur-Mer, une petite ville située sur la Côte de Nacre, bien connue de l’auteur de ces lignes. Sans doute que mon émotion a été renforcée par ce lieu évocateur ; mais même si vous n’y avez jamais mis les pieds, je vous invite à visionner cette oeuvre délicate.
Pour connaître le programme du festival Format Court, qui a lieu du 2 au 6 avril 2025 au Studio des Ursulines (Paris 5ème), c’est par ici.
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