Citizen Poulpe - Critiques de films
  • Critiques de films
    • Toutes les critiques de films
    • Drame
    • Policier / Thriller
    • Horreur
    • Fantastique
    • Science-fiction
    • Comédies / Comédies dramatiques
    • Western
    • Espionnage
    • Guerre
    • Aventures / Action
    • Documentaire
    • Courts et moyens métrages
  • Extraits de films
  • Musique et cinéma
  • Dossiers
    • Dossiers thématiques
    • Portraits croisés
    • Personnalités
  • Recueil de nouvelles
    • Fuites d’encre – Nouvelles
    • Entre-deux – Nouvelles
  • Contact
Armie Hammer dans "Wounds"
Fantastique, Horreur 0

Wounds

Par Bertrand Mathieux · Le 11 mai 2022

Film de Babak Anvari
Pays : Royaume Uni, États-Unis
Année de sortie : 2019
Scénario : Babak Anvari
Photographie : Kit Fraser
Montage : Chris Barwell
Avec : Armie Hammer, Dakota Johnson, Zazie Beetz, Karl Glusman, Brad William Henke

Carrie: You know what I think you want? Nothing. Because there’s nothing there to satisfy. You are a mock person.

Carrie (Dakota Johnson) s’adressant à Will (Armie Hammer) dans Wounds

Wounds, s’il laisse parfois un peu perplexe, confirme que Babak Anvari cherche à créer un sentiment de peur et de malaise sans trop recourir aux ficelles habituelles du genre horrifique.

Synopsis du film

Will (Armie Hammer) est un trentenaire qui travaille comme barman à la Nouvelle-Orléans. Un soir, son amie et ex-compagne Alicia (Zazie Beets) se rend au bar où il travaille avec son nouveau copain Jeffrey (Karl Glusman). Tous trois boivent tranquillement des verres au comptoir, lorsqu’une violente bagarre éclate entre Eric (Brad William Henke), un ami de Will, et un autre client du bar.

Dans la panique, un groupe d’adolescents quitte le bar en oubliant un téléphone portable, que Will décide de ramener dans l’appartement qu’il partage avec Carrie (Dakota Johnson), sa nouvelle petite-amie.

Très vite, des messages bizarres, puis des vidéos franchement inquiétantes, sont envoyés sur le fameux téléphone…

Critique de Wounds

Wounds est le second long métrage de Babak Anvari après Under the Shadow et ces deux films, quoique différents à bien des égards, reflètent le même souci d’aborder le genre fantastique sans dupliquer ses recettes les plus éculées, mais au contraire en affirmant une approche singulière.

Zazie Beets dans "Wounds"
Zazie Beets dans « Wounds »

Under the shadow utilisait le mythe des Djinns (des créatures surnaturelles issues du folklore du Moyen Orient) pour parler des démons de la guerre et de la révolution islamique dans l’Iran du début des années 80 ; Wounds a de son côté également une portée métaphorique mais elle est moins lisible, moins évidente et d’ailleurs, le film s’est parfois vu reprocher la relative opacité de son récit.

Armie Hammer dans "Wounds"
Armie Hammer dans « Wounds »

L’une des qualités de Wounds réside dans sa mise en place. Anvari parvient, en assez peu de temps, à nous décrire un quotidien, celui de ce barman à la descente facile qui aime prendre un verre après le dernier, et envers lequel on éprouve d’emblée de la sympathie. Les autres personnages (sa petite-amie campée par Dakota Johnson ; sa copine de beuverie jouée par Zazie Beetz) sont également bien croqués et, une fois son décor planté, le cinéaste (et scénariste) commence à y injecter des touches fantastique et horrifiques, venant dérégler peu à peu une vie en apparence des plus normales.

Un plan de « Wounds » qui m’a fait songer au remarquable « They Look Like People« 

À la différence de Under the Shadow donc, dont le sujet était assez clair, Wounds joue avec notre perplexité. On est intrigué par le cours des événements, dont on se demande bien quelle direction vont-ils prendre. Comme le cinéaste a pris soin de nous attacher à son protagoniste, cela fonctionne plutôt bien, d’autant qu’Anvari a le sens de l’atmosphère (il est aidé sur ce point par la photo très réussie de Kit Fraser).

La photographie de Kit Fraser contribue largement à l’atmosphère inquiétante de « Wounds »

Sans utiliser d’effets faciles et en évitant les fameux jump-scare, Anvari instaure un climat d’autant plus inquiétant qu’on ignore, autant que le « héros », quel sens précis donner à tout cela. La peur nait parfois du sentiment d’incompréhension et si Wounds parvient à nous déstabiliser, c’est précisément parce qu’on ne comprend pas exactement de quoi il en retourne, en tout cas de prime abord.

Dakota Johnson dans "Wounds"
Dakota Johnson dans « Wounds »

Sans dévoiler le fond de l’histoire qui, d’ailleurs, demeure en partie obscure même après le générique de fin, Wounds est un film qui joue avec des peurs intimes, des angoisses psychologiques, ces « failles » qui existent en chacun de nous et que révèlent les fameuses « blessures » (wounds) auxquelles renvoie le titre du film. Au fil du récit, Will voit en effet s’écrouler ses certitudes de façade, sa décontraction apparente, ses illusions aussi.

Armie Hammer dans "Wounds"
Armie Hammer dans « Wounds », visiblement pas très serein

C’est dans cette déconstruction vertigineuse que réside l’horreur du film. Une horreur abstraite, celle d’un vide intérieur (tu sais ce que je pense que tu veux ? Rien, dit Carrie à Will dans une scène clé) ; un vide plus menaçant, encore, qu’une horde de zombies, car il ne suffit pas de s’enfermer à double tour pour y échapper…

Regarder Wounds en streaming

Film disponible en streaming sur la ou les plateforme(s) suivante(s) :

JustWatch

Bande-annonce de Wounds

6.5 Note globale

Wounds parvient à poser un cadre et des personnages convaincants. Le film utilise également des ressorts rarement employés pour créer la peur, laquelle repose ici sur un vertige intime davantage que sur les traditionnelles figures de l'épouvante, qu'on nous jette trop souvent à la figure. Sa thématique, si elle demeure donc intéressante, bénéficie cependant d'un traitement un peu bancal, où les pistes inachevées se multiplient ; c'est une chose (positive) de stimuler l'intuition du spectateur, c'en est une autre que de laisser autant de questions sans réponses. Mais il s'agit néanmoins d'un film d'horreur singulier, esthétiquement maîtrisé, qui réussit à étonner et à déstabiliser.

Armie HammerBabak AnvariDakota JohnsonHorreur psychologiqueZazie Beetz
Partager Tweet

Bertrand Mathieux

Principal contributeur du blog Citizen Poulpe. Je suis également auteur de deux recueils de nouvelles. Parmi mes cinéastes préférés : Michael Cimino ; Claude Chabrol ; Maurice Pialat ; Michael Powell ; Kelly Reichardt ; Arthur Penn ; Olivier Assayas ; Emmanuel Mouret ; Léa Mysius ; Guillaume Brac ; Juliana Rojas ; Marco Dutra ; Francis Ford Coppola ; Michel Deville ; Laura Citarella ; Guillaume Nicloux ; Karim Moussaoui ; Woody Allen ; Sam Peckinpah ; Nacho Vigalondo ; Danielle Arbid ; Lina Soualem ; Jean-Pierre Melville ; David Lynch ; Billy Wilder ; David Mamet ; William Friedkin ; Nicolas Pariser ; Sergio Leone ; Jane Campion ; Jim Jarmusch ; Miguel Gomes ; Ari Aster ; Christian Vincent ; Sidney Lumet ; Ernst Lubitsch ; Gilles Marchand ; Alfred Hitchcock ; John Carpenter ; Otto Preminger ; Whit Stillman...

Vous aimerez également

  • Une affiche choc pour « Mother! », le prochain film d’Aronofsky Actualités

    Une affiche choc pour « Mother! », le prochain film d’Aronofsky

  • The Lodge Fantastique

    The Lodge

  • All My Friends Hate Me Comédies / Comédies dramatiques

    All My Friends Hate Me

Aucun commentaire

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Rechercher une critique de film

Facebook

Facebook

Dernières actualités

  • Regards Satellites 2026 : « Une Année italienne », de Laura Samani

    Regards Satellites 2026 : « Une Année italienne », de Laura Samani

    19 février 2026
  • Regards Satellites 2026 : « Um fim do mundo » de Pedro Pinho

    Regards Satellites 2026 : « Um fim do mundo » de Pedro Pinho

    18 février 2026

Critiques les plus récentes

  • What You Wish For

    What You Wish For

    19 mars 2026
  • Baise-en-ville

    Baise-en-ville

    9 mars 2026

Critiques les plus consultées

Personal Shopper
Materialists
Qui a peur de Virginia Woolf ?
Comme un avion
La Féline
La Moustache
The Invitation
Antichrist

Rechercher un film par thématique

  • Chronique intimiste
  • Critique sociale
  • Couples en plein doute
  • Détectives
  • Disparitions
  • Fantômes et apparitions
  • Féminisme
  • Jeux de l'amour et du hasard
  • Joies du libéralisme
  • Monstres et cie
  • Onirique
  • Politique
  • Questionnement identitaire
  • Réalisatrices
  • Récit initiatique
  • Relation vénéneuse
  • Sorcellerie
  • Transformation
  • Le travail c'est la santé

Abonnez-vous !

Abonnez-vous à Citizen Poulpe pour recevoir une notification par email à chaque nouvel article publié.

  • Critiques de films
    • Toutes les critiques de films
    • Drame
    • Policier / Thriller
    • Horreur
    • Fantastique
    • Science-fiction
    • Comédies / Comédies dramatiques
    • Western
    • Espionnage
    • Guerre
    • Aventures / Action
    • Documentaire
    • Courts et moyens métrages
  • Extraits de films
  • Musique et cinéma
  • Dossiers
    • Dossiers thématiques
    • Portraits croisés
    • Personnalités
  • Recueil de nouvelles
    • Fuites d’encre – Nouvelles
    • Entre-deux – Nouvelles
  • Contact

Dossiers cinéma

  • Les « Dinner Parties From Hell » au cinéma

    Les « Dinner Parties From Hell » au cinéma

    19 avril 2020
  • Qui suis-je ? Exemples de troubles identitaires au cinéma

    Qui suis-je ? Exemples de troubles identitaires au cinéma

    22 novembre 2018
  • Les légendes urbaines dans le cinéma des années 90 et 2000

    Les légendes urbaines dans le cinéma des années 90 et 2000

    30 mai 2018

Actualités

  • Regards Satellites 2026 : « Une Année italienne », de Laura Samani

    Regards Satellites 2026 : « Une Année italienne », de Laura Samani

    19 février 2026
  • Regards Satellites 2026 : « Um fim do mundo » de Pedro Pinho

    Regards Satellites 2026 : « Um fim do mundo » de Pedro Pinho

    18 février 2026
  • Gérardmer à la Cinémathèque : un festival vosgien dans le 12ème

    Gérardmer à la Cinémathèque : un festival vosgien dans le 12ème

    4 février 2026

Musique et cinéma

  • Entretien avec Mocke, musicien et compositeur

    Entretien avec Mocke, musicien et compositeur

    11 mai 2025
  • Le Ballon rouge : réécriture de la musique originale

    Le Ballon rouge : réécriture de la musique originale

    3 avril 2021
  • « Safe Travels » par Peter and the Wolf dans « Villains »

    « Safe Travels » par Peter and the Wolf dans « Villains »

    25 avril 2020

Recherche

Consultez l’index des critiques de films.

Sites conseillés

Découvrez une sélection de sites conseillés par Citizen Poulpe.

Citizen Kane, c’est un film qui a révolutionné le cinéma, aussi bien par ses innovations visuelles que narratives. Le poulpe, et en particulier le poulpe géant, est un animal marin mythique, qui se démarque par son charisme, sa capacité d’adaptation, et sa connaissance de lui-même. Citizenpoulpe.com est un hommage au cinéma et à la grandeur solennelle du poulpe.

Blog sous license Creative Commons. Propulsé par WordPress.