Film d’Emmanuel Mouret
Année de sortie : 1999
Pays : France
Scénario : Emmanuel Mouret
Photographie : Aurélien Devaux
Mohntage : Sarah Turoche
Musique : Vincent Charrier
Avec : Emmanuel Mouret, Marie Piemontese, Maïté Maillé, Clémentine Baert
Le réjouissant film de fin d’études d’Emmanuel Mouret contient déjà une bonne partie des motifs et thématiques qu’il développera par la suite.
Synopsis du film
Clément (Emmanuel Mouret) fait face à un dilemme : il a quelques heures pour choisir de se rendre, ou non, à un rendez-vous particulièrement lourd de sens. Il s’agit en effet, ni plus ni moins, de signifier, par sa seule présence, à sa petite amie Stéphanie (Marie Piemontese), émettrice de cet étrange ultimatum, qu’il accepte de vivre avec elle. Or, s’il se sent bien en sa compagnie, Clément est partagé, n’étant pas sûr d’avoir suffisamment profité de sa jeunesse.
Le hasard fait que Constance (Maïté Maillé), la meilleure amie de Clément, est de passage à Marseille pour le voir. Elle lui assure que ses doutes n’ont pas lieu d’être puisque selon elle, toutes les femmes sont pareilles ; Clément ne gagnerait donc rien à vivre d’autres aventures. Pour lui faire la démonstration de cette théorie, elle lui propose, pour quelques heures, de sortir avec elle, ou avec sa jeune amie Liberté (Clémentine Baert). À l’issue de cette expérience, Clément sera ainsi en mesure de faire un choix éclairé.
Bien qu’embarrassé et surpris, Clément accepte…
Critique de Promène-toi donc tout nu
Promène-toi donc tout nu n’est pas le premier film d’Emmanuel Mouret (il en avait réalisé trois autres au cours de ses études à la Fémis), mais c’est a priori le premier qui sortit en salles, en décembre 1999 (le 15, pour être très précis !). Le film, qui est un moyen métrage d’une durée de 50 minutes, a été tourné à Marseille, ville d’où Mouret est originaire et dont on peut apprécier divers points de vue et paysages dans la mesure où de nombreuses scènes ont été réalisées en extérieur.

Ce qui est intéressant, c’est que contrairement à certains cinéastes qui se sont parfois un peu cherchés, et dont les premières œuvres semblent un peu brouillonnes, comme naviguant entre plusieurs directions, Emmanuel Mouret a très vite trouvé un ton, un rythme, une couleur, et même si Promène-toi donc tout nu n’est bien sûr pas son meilleur film, il est déjà très représentatif des motifs, thématiques, atmosphères et influences (Rohmer ; Allen ; Edwards et beaucoup d’autres) propres au cinéma de son auteur, et témoigne d’une belle maîtrise de sa grammaire cinématographique.

Les situations et répliques flirtent avec un certain absurde (à l’image de la curieuse injonction donnant son titre au film) sans jamais y basculer tout à fait, si bien qu’on croit toujours à ce qu’on voit à l’écran, qui s’apparente à une sorte de fantaisie sentimentale méditant sur le désir, la séduction et des choix amoureux pétris de paradoxes, le tout avec beaucoup de légèreté (on rit du symbole évident du prénom Liberté ; des techniques de séduction employées par Clément à la fin). Le style de jeu oscille également entre un faux naturalisme et un vrai décalage (on ne parle pas dans la vie comme dans les films de Mouret et pourtant, ça sonne juste et ce n’est pas théâtral), produisant une musique bien particulière typique du réalisateur de Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait.

Mouret campe le personnage maladroit et lunaire qu’il incarnera dans tous les films où il apparait (dont son tout premier long métrage, Laissons Lucie Faire), avec une aisance dont ses partenaires (Clémentine Baert, qu’on retrouvera dans Laissons… ; Maïté Maillé ; Marie Piemontese) témoignent tout autant. Tout cela est délicieux, intemporel, confortable sans être fade ou superficiel, ce qui est tout un art.
Un petit plaisir à découvrir sur ARTE TV, où le film est disponible (gratuitement) jusqu’au 1er juin 2025.






















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