Film de Pierre Dugowson
Année de sortie : 2025
Pays : France
Scénario : Pierre Dugowson
Avec : Ophélia Kolb, Nicole Ferroni, Théo Cholbi, Solène Rigot, Géraldine Martineau, Roxane Bret, Émilie Caen, Caroline Proust, Audrey Vernon
Parmi les sorties de ce mercredi 7 mai 2025, une proposition étonnante : dix courts métrages du réalisateur Pierre Dugowson, dix manières d’aborder des problèmes graves avec légèreté. Rafraîchissant et pertinent, en ces temps de dérives droitières.
Synopsis du film
10 courts métrages mettant en scène des femmes, des enfants, des hommes parfois, confrontés à des questions et problèmes divers, souvent liés entre eux : le libéralisme économique sauvage ; la précarité économique ; la violence masculine ; l’écologie…
Critique de Les Femmes et les enfants d’abord
Un enfant en a assez des contes où des hommes font parler des animaux, et souhaite que sa mère lui lise l’authentique roman d’un ours ; deux voleurs à la petite semaine se disputent le partage de leur larcin ; une étudiante qu’on devine sans le sou mange une salade en plastique ; les clients d’un supermarché suivent une formation en vol à l’étalage ; une mère tente de sensibiliser un petit garçon aux conséquences de sa pulsion de destruction…
Les brefs récits cinématographiques (tournés à différentes époques) qui composent cet objet atypique intitulé Les Femmes et les enfants d’abord posent tous un regard à la fois amusé, désabusé et lucide sur des problèmes sociétaux tantôt intemporels, tantôt très actuels. C’est donc un cinéma politique, qui se positionne à gauche et qui ne témoigne pas des travers occasionnels des films engagés (une certaine lourdeur ou trop de didactisme, parfois), la démarche de Pierre Dugowson respirant la sympathie, la débrouillardise et l’ambiance de bande (on retrouve souvent les mêmes comédiens d’un film à l’autre).
Le talent fait aussi partie des ingrédients de cette recette fauchée mais savoureuse : on le perçoit dans l’écriture, dans certaines idées de plans, dans l’interprétation des comédiennes et comédiens (Ophélia Kolb, Nicole Ferroni, Solère Rigot…) et également dans la bande originale, composée par le réalisateur (qui a créé un groupe de rock dans les années 2010).
Peu de moyens ici, mais des idées, quand on pourrait dire l’inverse de trop de films. De l’envie, aussi : celle de raconter des choses préoccupantes, angoissantes même, mais avec de l’humour et de la générosité. Merci M. Dugowson, a-t-on envie de dire au sortir de la séance (à L’Espace Saint-Michel, en ce qui me concerne) : on entend beaucoup de bêtises (doux euphémisme) ces temps-ci ; on avait bien besoin de ces dix pastilles de bon sens, à la fois acidulées et amères.






















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