Film de Michael Glover Smith
Année de sortie : 2017
Pays : États-Unis
Scénario : Michael Glover Smith
Photographie : Jason Chiu
Montage : Frank V. Ross
Avec : Roxane Mesquida, Najarra Townsend, Alana Arenas, Jack C. Newell, Shane Simmons, Kevin Wehby
Richard (après avoir fait l’amour): Wasn’t that good for you? Izzy, this is a state we’ve never been to before you know, it’s kind of exciting.
Isabelle: It’s supposed to be more exciting because we’re in Michigan?
Kevin Wehby et Roxane Mesquida dans Mercury in Retrograde
Mercury in Retrograde possède ce qu’il faut de nuances et d’élégance pour tracer, sur un territoire pourtant maintes fois exploré, un sentier aux parfums délicats.
Synopsis du film
Trois couples vivant à Chicago passent un week-end dans un châlet situé près d’un lac, dans le Michigan. Des tensions refont peu à peu surface.
Critique de Mercury in Retrograde
Though I dream in vain
Extrait de la chanson Stardust, écrite par Mitchell Parish et composée par Hoagy Carmichael
In my heart it will remain
My stardust melody
A memory of love’s refrain
Trois couples partent dans un chalet le temps d’un week-end, et des confits et angoisses intimes émergent à cette occasion ; des révélations aussi. Ce point de départ très classique peut aisément conduire le spectateur sur des chemins balisés de lieux communs et de clichés. Mais au cinéma comme en littérature, c’est moins ce qu’on raconte que la manière de raconter qui détermine la qualité de l’œuvre.

En l’occurrence, le réalisateur Michael Glover Smith, qui est aussi scénariste, apporte ici ce qu’il faut de finesse, de nuances et de sobriété pour que Mercury in Regrograde, son troisième long métrage, se suive avec plaisir, et laisse, après le visionnage, le sentiment qu’on a vu, malgré tout, quelque chose d’unique (toutes proportions gardées), dont les singularités se nichent dans les détails.

Cet admirateur d’Eric Rohmer sait en effet brosser des personnages sans forcer le trait, écrire des dialogues sans surligner des évidences, et filmer des êtres humains en laissant à chacun le soin de se faire sa propre idée à leur sujet, dans la mesure où aucun d’entre eux n’est grossièrement caractérisé mais au contraire, se révèle par petites touches en conservant, d’ailleurs, une part de mystère et d’ambiguïté. La caméra les observe d’une manière discrète, sans paraître les juger, décrivant des mouvements fluides et des cadres précis, tandis que le récit évolue calmement, un peu à l’image de l’environnement arboré et silencieux qui sert de cadre à l’action.

Les comédiens contribuent tous à la justesse de ce récit intimiste, composé de moments brefs et parfois révélateurs, qui expriment des idées et émotions en sourdine. Autour de la comédienne française Roxanne Mesquida, actuellement à l’affiche de Méduse, les cinq autres acteurs jouent leur partition avec délicatesse, composant des personnages crédibles et suffisamment consistants pour donner du relief à l’ensemble.

Le titre du film fait référence à une configuration astrale évoquée dans la toute première scène (un plan séquence), au cours de laquelle le personnage de Peggy (Najarra Townsend) lit les horoscopes respectifs de ces compagnons. Si j’en crois cet article de Susie Sheinberg, on peut trouver du positif dans ce phénomène qui causerait, du moins si l’on croit en l’astrologie, des moments de tension et des problèmes de communication – tout est une question de point de vue, de perspective. Ce n’est pas un hasard, bien entendu, si Michael Glover Smith a choisi ce titre : son scénario, comme sa manière de filmer, illustre bien cette approche.
En prime, on a droit à une récitation joliment commentée du texte de l’une des plus belles chansons qui soit, la sublime Stardust, écrit par Mitchell Parish et composée par l’immense Hoagy Carmichael, référence du great american songbook. De toute évidence, le réalisateur de Mercury in Retrograde est un homme de goût !























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