Zoom sur : L’Homme qui tua Liberty Valance
L'Homme qui tua Liberty Valance propose une réflexion éclairée sur l’ouest américain, sa mythologie et son évolution au cours de l’histoire. Lire la critique
Un film, une réplique :
Le monde moderne est fait de telle façon que l’on est toujours obligé d’accepter ce que veulent les autres. Pourquoi est-ce que l’argent prend tant de place dans ce que l’on fait ?
Michel Piccoli dans Le Mépris.
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The Rage
Film de Robert Kurtzman
Année de sortie : 2007
Pays : États-Unis
Scénario : John Bisson, Robert Kurtzman
Photographie : Robert Kurtzman
Montage : Andrew Sagar
Avec : Erin Brown, Andrew Divoff, Reggie Bannister, Rachel Sheer
The Rage ravira tous les amoureux d’horreur gratuite, volontairement comique et totalement décomplexée. Une excellente série Z.
Synopsis de The Rage
Le Dr Viktor Vasilienko, écœuré par le capitalisme dont les règles mercantiles seraient à l’origine de l’échec de ses recherches sur le cancer, décide de contaminer l’humanité avec un virus qui transforme l’individu en être arriéré, sanguinaire et cannibale ; son objectif étant de faire chanter les grandes puissances en leur proposant un antidote – qu’il a d’ailleurs toutes les peines du monde à élaborer. Pour d’obscures raisons, le Dr juge pertinent d’inoculer son poison directement dans le cerveau de ses innocentes victimes, leur faisant ainsi subir au préalable une intervention chirurgicale aussi douloureuse que superflue.
Quand l’un de ses cobayes humains, outré, s’échappe dans la forêt, la rage créée par le docteur se propage rapidement, et un groupe de jeunes fêtards va en subir les terribles et sanglantes conséquences…
Critique
De l’horreur fun et décomplexée
Dès le générique et la première scène, The Rage annonce la couleur : c’est de l’horreur qui tâche, dont l’objectif avoué est davantage de provoquer un mélange de dégoût et de plaisir jubilatoire que de susciter la peur ou le malaise. Le spectateur amateur de cet état d’esprit – j’en suis – peut dès lors s’asseoir tranquille, The Rage va le combler au delà de ses espérances.
Il est vrai que si les films d’horreur sont produits en grand nombre, ils ne sont pas si fréquents à opter pour du gore décomplexé et volontiers comique ; on est ici très loin du torture porn, sous-genre rarement maîtrisé (Hostel en est un triste exemple), ou plus généralement du film d’horreur qui se prend au sérieux avec plus ou moins de réussite (Borderland, qui reste cependant un honnête film plutôt bien réalisé).
Dans The Rage, Robert Kurtzman s’est amusé à faire des gros pâtés, accumulant des scènes gore totalement gratuites où personne n’est épargné – y compris les enfants (chose qui reste assez rare même dans le cinéma de genre) – le tout dans un climat de mauvais goût et de délire généralisé, avec parfois des plans d’une laideur absolue (les vautours enragés ne sont pas toujours très convaincants…). On se fout des personnages et de leur psychologie, les dialogues sont ineptes, la plupart des scènes d’action sont totalement irréalistes, et des êtres sortis de nulle part (comme ce nain indéfinissable et pervers, affublé d’une perruque grotesque, qui se balade avec une sorte de singe en peluche) contribuent à faire du film une vaste plaisanterie bien grasse comme on les aime. Kurtzman nous fait même le coup du fameux flash-back explicatif, mal inséré et beaucoup trop long. Bref, c’est drôle, mais c’est voulu, donc c’est du bon cinoche.
Quelques mots sur Kurtzman
Je ne connaissais pas ce réalisateur, mais après quelques recherches, il s’avère que son parcours est plus que respectable, notamment en tant que special makeup effects supervisor, visual effect supervisor ou creature effect supervisor. A ce titre, il a travaillé avec de très bons réalisateurs : John McTiernan (pour Predator), Sam Raimi (Evil Dead II, Un Plan simple), Clive Barker (pour Le Maître des illusions), Paul Thomas Anderson (sur Boogie Nights), Robert Rodriguez (pour The Faculty), Carpenter (pour Vampires), Rob Zombie (pour The Devil’s Rejects). Il a également participé à des films moins connus mais très sympathiques comme Rat Race et surtout l’excellent Bubbah Ho-Tep. Bref, un CV qui en impose, et une expérience des effets et du maquillage qui explique la réussite des scènes gore dans The Rage.
… et sur Erin Brown
La très jolie Erin Brown (Misty Mundae) dans "The Rage"
The Rage bénéficie de la présence outrancièrement charmante d’Erin Brown, très jolie actrice, réalisatrice et mannequin. Depuis ses débuts dans le cinéma erotico-fantastico-parodique, où elle apparaît souvent sous le pseudonyme de Misty Mundae dans des scènes ma foi très agréables et pleine de légèreté, elle a notamment tourné dans Sick Girl, l’un des meilleurs segments des Masters of Horror, réalisé par Lucky McKee (réalisateur du très bon May et du décevant The Woods). Véritable icône du cinéma érotique et d’horreur indépendant, Erin Brown apporte un plus indéniable à The Rage, et on espère la revoir bientôt dans ce registre (et dans les autres).
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