Antichrist

Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe dans Antichrist

Film de Lars Von Trier
Année de sortie : 2009
Avec : Willem Dafoe, Charlotte Gainsbourg.

Elle : Satan’s church.
Lui : Jesus…
Elle : Nature is Satan’s church.

Antichrist, de Lars Von Trier, est un film dont la cohérence remarquable entre le fond et la forme témoigne du génie cinématographique du metteur en scène et scénariste danois. Objet d’un scandale ridicule et sujet à des interprétations absurdes et douteuses de la part de nombreux journalistes et critiques de cinéma, Antichrist a suscité des réactions révélatrices du fait que la perception de l’art a rarement été aussi conditionnée et étroite qu’à notre époque.

Synopsis d’Antichrist

Un couple qui a perdu son enfant dans des circonstances particulièrement culpabilisantes, se retire dans un chalet perdu dans la forêt. La femme est sujette à des peurs et des angoisses vertigineuses dont son mari, psychothérapeute, va tenter d’identifier les origines précises. Mais peu à peu, son travail et ses théories d’analyste vont révéler leurs limites…

Critique

AVERTISSEMENT : cet article livre une interprétation du film Antichrist. Si vous ne l’avez pas vu, il est déconseillé de le lire.

L’histoire d’Antichrist

Si Antichrist comporte de nombreux symboles (certains très évidents, mais est-ce un mal ?) et références aussi bien bibliques que cinématographiques (sa vision évoque un peu le cinéma de Tarkovski et Bergman), l’histoire du film est à la fois plus simple et plus belle que nombreuses personnes semblent le penser : c’est celle d’une femme qui, incapable d’être femme (qui aime et désire) et mère à la fois, se met à ne plus aimer son enfant – ou du moins, une part d’elle-même le rejette violemment. Antichrist est donc l’histoire d’un conflit intérieur entre une mère et une épouse, et de ses conséquences tragiques. Devant l’impossibilité d’assumer et de comprendre cette dualité, ce personnage va peu à peu se convaincre que la nature et la femme (puisqu’il y a corrélation entre la nature – la végétation, les animaux – et la nature humaine) sont profondément mauvaises, manipulatrices, destructrices. Conclusion fortement inspirée par ses recherches sur les sorcières, dans le cadre de l’élaboration d’une thèse. Cette femme finira donc par détruire ce qu’elle juge responsable du chaos et de la mort : sa féminité, et ce qui la fait sentir femme.

Antichrist s’intéresse donc à la place de l’enfant dans le couple et à des syndromes par ailleurs tout à fait reconnus dans la psychanalyse, que développent certaines mères quand leur enfant grandit. Dès lors, les différents comportements du personnage joué (magnifiquement) par Charlotte Gainsbourg, sont parfaitement logiques et explicables. Ses accès de nymphomanie grotesques et démesurés ne véhiculent nul message sur la femme en général ; il ne s’agit que d’un comportement pathologique propre au personnage du film, et parfaitement logique compte tenu de la nature de ses angoisses. Quant à la violence extrême dont elle fait preuve, elle s’exerce sur ce qui éveille ses désirs et suscite son plaisir (coupable) de femme, ce qui à nouveau concorde avec le fait qu’elle ne parvient pas à s’imaginer femme et mère, que ces deux parts d’elle-même se livrent un terrible conflit.

Enfin, il est évident que le plan final, avec cette horde de femmes au visage flouté (détail significatif) traversant la forêt, exprime la perception du personnage interprété par Willem Dafoe, perception totalement déformée par les expériences éprouvantes (c’est le moins que l’on puisse dire…) qu’il a vécues. Il finit donc par croire ce en quoi croyait sa femme ; mais en aucun cas, on ne peut considérer que ce plan confirme objectivement ces croyances, puisqu’il s’agit justement d’une image subjective.

Antichrist ne livre donc pas une vision absurdement misogyne et grossière de la gente féminine, mais au contraire dresse le portrait tragique et plein de compassion d’une jeune femme poussée par la folie et ses conflits intérieurs à détruire son enfant, son couple et elle-même. Et à aucun moment le metteur en scène ne la juge ni ne pousse le spectateur à le faire.

Antichrist : un film sans compromis et d’une grande cohérence

Ce qui frappe lorsque l’on repense à Antichrist, c’est la parfaite cohérence de l’ensemble, tant sur le fond que sur la forme. On sort de la salle de projection avec un certain scepticisme quant à l’intérêt de certains gros plans, une méfiance vis à vis de la scène d’ouverture, extrêmement sophistiquée, et aussi une perplexité à l’égard des vingt dernières minutes du film. Et, peu à peu, à mesure que le sujet d’Antichrist parait de plus en plus clair, tous ces éléments paraissent soudainement justifiés, pensés, jamais gratuits.

La réalisation

En termes de réalisation et de montage, Antichrist est impressionnant. Non pas parce que Lars Von Trier se contente de nous montrer qu’il sait se servir d’une caméra, mais parce que chaque effet de mise en scène est totalement au service du scénario et de l’histoire. Ainsi, la scène d’ouverture est d’une sophistication et d’un esthétisme qui empêche finalement de ressentir pleinement l’horreur qui est en train de se produire ; mais c’est totalement voulu, puisque bien que le spectateur ne le soupçonne pas à cet instant, cette scène illustre le point de vue – précisément indifférent – de la femme. Et le contraste entre des images léchées (on pense presque à une publicité ou un clip en mieux filmé) et la gravité du thème musical reflète le contraste entre la dimension tragique de la scène et la distance du personnage joué par Charlotte Gainsbourg. Dans cette scène, Lars Von Trier a également filmé la mort de l’enfant avec une grande pudeur – l’absence totale de violence graphique fait que le personnage de l’enfant est représenté dans toute sa pureté, qui restera intacte.

La nature, personnage à part entière du film, est également exceptionnellement bien filmée dans Antichrist. La caméra souligne son caractère omniprésent, vertigineux, vivant.

Le scénario

Le scénario d’Antichrist est parfaitement construit. Les dialogues entre l’homme et la femme sont d’une grande justesse – les acteurs, tous les deux impressionnants, n’y sont évidemment pas pour rien – et le déroulement du film, et notamment les scènes finales, si il peut déconcerter, est finalement pleinement justifié.

En effet, quand bien même les dernières scènes d’Antichrist peuvent sembler outrancières, excessives, il est au fond impossible d’imaginer un autre dénouement – Lars Von Trier a été au bout de sa logique, de son histoire, et une autre fin eût été synonyme de concessions, d’une démarche inaboutie, d’une prudence malvenue. Quant à la violence,  frontale, elle n’est pas là pour choquer ou faire peur ; les scènes de mutilation sexuelle sont parfaitement justifiées par l’histoire, et le choix de les filmer de manière explicite est un parti pris au fond logique qui a toujours été celui de Lars Von Trier. D’autre part, l’éjaculation de sang s’explique par le fait que la jouissance est synonyme de mort dans la séquence d’ouverture.

En somme, tout ce qui a été condamné et jugé comme étant gratuit ou grossier dans le film, sont les différents éléments d’un ensemble cohérent. On peut ne pas être sensible à la démarche du réalisateur ; mais ce serait une terrible erreur de la juger comme une pure provocation ou une démonstration de technique. Manifestement, Lars Von Trier n’a eu qu’un seul but en faisant Antichrist, le même que celui de tout bon réalisateur : raconter une histoire, la raconter bien, et jusqu’au bout.

Des réactions absurdes

Rarement un film aura été sujet à des interprétations aussi grotesques et erronées que Antichrist ; réagissant de manière purement émotive et décérébrée, les critiques de cinéma se sont arrêtés à la surface, condamnant la violence explicite du film, la sophistication jugée tape à l’œil de la scène d’ouverture, et l’évidence de certains symboles, sans chercher à saisir la cohérence – remarquable – du film de Lars Von Trier. La ridicule accusation de misogynie est bien le signe que l’on a pas souhaité ou pu comprendre cette œuvre, et qu’une confusion assez grotesque a donc été faite entre le point de vue des personnages principaux et le sens d’Antichrist.

Si la vision du film déroute et si le final – après coup totalement explicable et logique – suscite d’abord la perplexité, il suffit de réfléchir un peu pour comprendre l’histoire, tragique, que la réalisateur a souhaité raconter ; malheureusement, la logique des journalistes est très simple : si ils ne comprennent pas spontanément un film, c’est qu’il est idiot et trivial. Mais depuis quand une œuvre d’art doit-elle systématiquement être comprise dès sa première vision ? L’intérêt n’est-il pas justement d’y réfléchir, de dépasser ses premières impressions en faisant des recoupements ? Mais un minimum d’humilité est nécessaire à cette démarche, puisqu’il faut, pour l’accomplir, admettre que l’on est dépassé au premier abord.

Ces critiques de cinéma qui encensent des téléfilms sur grand écran – comme le diptyque sur Mesrine – ne savent manifestement plus reconnaître une œuvre d’art ; car l’on peut bien entendu ne pas aimer Antichrist, mais il s’agit bien d’art, de ce quelque chose que l’on trouve de plus en plus rarement au cinéma, et encore moins devant son poste de télévision. On finit donc par le voir là où il n’est pas, érigeant en références des impostures ou des inepties cinématographiques. Et méprisant ce qui n’est sans doute pas un chef d’œuvre, mais le travail d’un immense réalisateur et de non moins immenses comédiens.

A lire également sur Antichrist

Lire l’article Antichrist à Cannes : des réactions indignes.

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32 commentaires

  1. champ obligatoire
    Le 8 juin 2009 à 6:00 | Permalien

    Il est possible que la scène « primordiale » n »existe pas en tous cas seulement dans l’esprit rongé de culpabilité de maman charlotte d’où l’alternance noir blanc / couleur qui peut suggérer plusieurs niveaux de réalités?

  2. laura
    Le 8 juin 2009 à 21:39 | Permalien

    Enfin quelqu’un qui a « vu » le film, il manque cependant un élèment très important et qui ouvre l’oeuvre et justifie sa fin. Vous analysez parfaitement la problématique du personnage féminin alors que vous ne faites qu’aborder celle du personnage masculin. Que se passe t il pour lui? Contrairement à sa compagne il se fait de lui même une image très valorisante. Si valorisante qu’il va s’autoriser (erreur absolue vu qu’il est impliqué) à pratiquer « l’analyse » de sa compagne. Et c’est aussi pour lui le début du délire, d’où ces animaux (il est le seul à les voir) qui sont la représentation symbolique de l’image évoluante qu’il se fait de sa femme passant de la biche, au renard puis au corbeau. Et plus sa pratique thérapeutique avance, plus lui aussi perd pied. La vérité qui se fait jour lui est aussi insuportable car elle le ramène lui aussi vers la culpabilité. Il n’a rien vu de ce qui se passait chez lui (piètre thérapeute) et n’a pas su aider sa femme, ni protéger son enfant. Alors qd le transfert s’effectue, lui prenant en charge sa problématique pour lui permettre de l’affronter, l’accepter et la dépasser, il refuse totalement ce rôle, plongeant sa compagne dans l’effroi et la terreur la plus totale. D’où l’agression et l’automutilation. Et que fait il? Il se réfugie ds le terrier, se laisse enterrer vivant et enfin acculé, la tue. Comment dès lors justifier cela? Et bien comme elle, il adopte son point de vue délirant , la femme et toutes les femmes sont des sorcières maléfiques dominées par satan et comble d’ironie (et preuve de son arrogance ) lui devient « Jésus » ds la montagne…Ce qui nous ramène au titre Antichrist. L’antichrist ce n’est pas la femme mais l’auteur LVT, c’est à dire celui qui renie toute ce paternaliste, cette image sublimée de la mère (la vierge) et remet en question ce sur quoi notre culture s’est construite. Pour un film soi disant mysogine et puritain (merci la critique) c’est très fort, non?

  3. laura
    Le 8 juin 2009 à 22:46 | Permalien

    Suite …
    Enfin où se place LVT ds cette histoire? De quel point de vue nous la raconte t’il? De celui de l’enfant. L’enfant « tué » dans le sens empêché de vivre par la « folie » de ses parents. D’où le sur-esthétisme de la première séquence qui tient à distance le côté trop émotionnel de la scène. Il y a dans cette séquence un plan essentiel et encore une fois souvent mal compris. On découvre l’enfant de dos qui regarde ses parents accouplés, il se retourne et sourit alors que l’arrière plan avec le couple devient flou. Ce flou est expliqué plus tard puisque c’est le moment ou la mère a vu l’enfant et aurait donc du réagir, validant ainsi sa culpabilité. Quand au sourire de l’enfant on peut le prendre comme un clin d’oeil de l’auteur qui nous dit  » je me place ici « . A partir de là il disparait (la chute) et va pouvoir :
    1 étudier le cas de la mère, comprendre sa malveillance et par là lui pardonner
    2 étudier le cas du père pour au final l’abandonner à son rêve de toute puissance.
    Ce qui prouve bien que jamais LVT ne cautionne la vision d’une femme qui serait l’image du mal.

  4. laura
    Le 8 juin 2009 à 22:50 | Permalien

    Petit rectificatif: il s’agit de « comprendre d’où vient sa malveillance » et non bien sûr de comprendre sa malveillance…

  5. Le 9 juin 2009 à 8:37 | Permalien

    Merci pour ces commentaires très pertinents et subtils! C’est vrai que mon analyse est incomplète, la vôtre est vraiment très intéressante… Je vais d’ailleurs les relire pour mieux m’en imprégner! Et sans doute revoir le film aussi…

  6. Le 9 juin 2009 à 12:57 | Permalien

    D’ailleurs si vous voulez poster des critiques sur ce blog, ça pourrait vraiment l’enrichir…

  7. Le 10 juin 2009 à 20:23 | Permalien

    Très belle analyse. Plus je repense au film, plus je le trouve beau et complexe. Une grande oeuvre incomprise…

  8. Bob
    Le 13 juin 2009 à 17:09 | Permalien

    J’espère, au vu de cette analyse pertinente d’un film dont j’avoue qu’il me paraît surtout être un passage en force pas aussi maîtrisé qu’il en a l’air, que vous avez fait la même sur Vynian, dont le discours était tout aussi fort sur l’idée de la femme mère et épouse, et qui me paraît bien plus réussi formellement que le film de Von Trier…

  9. Le 14 juin 2009 à 18:17 | Permalien

    Pour être honnête, je n’ai pas été loin dans Vynian, précisément parce que je n’étais pas fan de la réalisation (avec ses mouvements de caméra au cours de la scène ou l’homme recherche sa femme dans la ville, qui m’ont évoqués « Irréversible » que je déteste) mais si il est aussi intéressant que vous le dites, alors j’essaierai de le revoir, en entier cette fois..

  10. LCR
    Le 17 juin 2009 à 12:18 | Permalien

    Merci pour ces commentaires qui m’ont réconciliée avec ce film que je n’avais pas du tout envie de voir alors que j’ai vu et aimé pratiquement tous les films de LVT.

    Les critiques et présentations de ce film que j’avais lues jusqu’ici me semblent en fait totalement clichés, écrites par des personnes qui ont, visiblement, fait état de leurs émotions (ce qui est normal pour un être humain) alors qu’il me semble bien plus constructif de les dépasser justement pour comprendre pourquoi ce film a suscité celles-ci précisemment, en quoi il fait écho en soi à des problématiques socio-culturelles plus ou moins conscientes et ainsi faire une critique et analyse constructive (ce qui est attendu d’un être humain qui se revendique socialisé et « civilisé »)

    Peut-être est-ce un exercice qui se perd de nos jours et qui tend à rendre superficiel beaucoup de sujets.

    Bilan : je m’en veux un peu de m’être laissée tenter par cette superficialité en y accordant du crédit et en ne me rendant pas dans une salle obscure pour me faire ma propre idée, comme je le fais habituellement …

    Vos analyses sont riches et malgré le fait qu’elles dévoilent presque l’intégralité du film et sa fin, elles m’ont donné envie de courir le regarder et d’y réfléchir longuement à mon tour …

  11. Le 17 juin 2009 à 13:13 | Permalien

    Merci, je suis ravi que tu aies envie d’aller le voir! Je ne peux que t’y encourager. Quand tu l’auras vu, ça serait sympa que tu fasses un commentaire pour dire ce que tu en as pensé.

  12. gaya13900
    Le 18 juin 2009 à 11:27 | Permalien

    un enfant , un homme une femme , des pas incertains , des chaussures a l ‘envers , une foret eden , les pulsions …
    en realité j’ai eu mal devant cette histoire , lvt a reussi a nous perdre dans cet eden , cette nature de l’autre a moi , j’ai aime la dualité , le combat de ce couple deja mort , cette femme rongée par la culpabilité , l’amour et le non amour pour cet enfant .
    laissé a l’ecart pour le plaisir de jouir , cette jouissance qui tue , ce clitoris qui se frotte et empeche de sauver la vie
    comment est ce possible que les critiques soient passé a coté d’ un tel chef – d’oeuvre ?

  13. José
    Le 21 juin 2009 à 19:04 | Permalien

    Une autre critique à lire ici:
    http://cdsonline.blog.lemonde.fr/
    LVT is the best

  14. de bonneville
    Le 23 juin 2009 à 18:23 | Permalien

    Je trouve votre article remarquable.
    Mais pourquoi je suis si con?
    Nan, je suis pas si con, puisque j’ai aimé cet article.
    (Rassuré) : Ah!

  15. Le 23 juin 2009 à 20:21 | Permalien

    Merci!

  16. Lisouille
    Le 27 septembre 2009 à 10:35 | Permalien

    J’ai été voir Antichrist hier et j’ai été littéralement scotchée… Nous étions a peu près 15 personnes dans la salle, 4 sont sorties avant la fin.

    Je suis tombée sur ce site en tapant sur Google : « Antichrist Lars Von Trier explications », parce que je dois avouer qu’en sortant de la salle, mon mari est moi nous sommes posés pas mal de questions, notamment sur la scène finale.

    Mon mari a apprécié le film, mais sans plus, moi j’ai été complètement hypnotisée. Je dois avoué que je me suis caché et les yeux et bouché les oreilles au moment de la scène avec l’oiseau qui hurle sous les racines de l’arbre…

    Il y a longtemps que je n’ai plus vu de film avec de la violence pour dire d’en mettre parce que ça plait, et des scènes de fesses parce que ça attire aussi le public.

    J’ai trouvé ce film « pur » et « simple » (pas péjoratif !!!) dans le sens où il n’y a pas de « chi-chi ».

    Je conseille vivement ce film, on en ressort pas comme on en rentre je trouve…

  17. Le 28 septembre 2009 à 9:37 | Permalien

    Merci pour votre commentaire!
    Oui c’est un film dont on sort en se posant beaucoup de questions (enfin sauf certains critiques de cinéma qui pensent tout savoir!).

    Je suis d’accord il y a une certaine forme de pureté dans ce film, c’est intéressant car ce terme ne m’était jamais venu à l’esprit en y pensant.

    Et oui, rien n’est gratuit dans « antichrist » et ça change!

  18. ornella
    Le 5 octobre 2009 à 11:23 | Permalien

    je nai pas encore vu antichrist mais jai vu des extraits… qui ont lair trés prenant je connais lhsitoire que je ne comprend pas encore bien … jaimerais que l’on me lexplique juste comprendre pourquoi cette femme devient folle dans cette maison de campagne ????qu’est ce quil se passe dans sa téte??? est ce que la forét est possédée??? aidez moi et seulement aprés je regarderais le film merci

  19. kinan
    Le 12 octobre 2009 à 6:39 | Permalien

    Bonjour ; je viens de terminer le film, et je ne l’ai regardé que parce que les critiques etaient particulierement acides.
    J’approuve à peu près toute votre analyse, en revanche, ce qui pour moi caracterise cette oeuvre, c’est le parti pris au niveau de la realisation, faux raccords, erreurs de cadrage, de montage sont autant de pieds de nez que fait le real d’avance a la scene internationale des critiques de presse.
    En ce qui concerne le fond du film, je reste perplexe quand à la justification de certains gros plans, qui n’apportent à mon avis, pas autant qu’ils mettent de barieres.
    Ce film est évidamment reservé à une certaine niche, mais c’est bien dommage, car la perfection de la realisation, de la direction et de l esthetisme en font un chef d oeuvre qui passera certainement inapercu.

  20. Le 12 octobre 2009 à 9:56 | Permalien

    Je ne pense pas qu’il passera inaperçu.
    La postérité lui rendra justice, comme à beaucoup de films maudits! On s’en souviendra probablement plus que des films actuels très surestimés par les critiques.

  21. Hokmah
    Le 8 décembre 2009 à 16:52 | Permalien

    Je ne suis pas cinéphile et me considère comme incomptétent quant à d’éventuelles comparaisons entre metteurs en scènens et autres techniques cinématographique. Les rares fois ou je vais voir un film c’est pour me faire plaisir -ça marche ou pas- cela c’est en sortant que je le ressent. C’est sur DVD que je l’ai visionné il y a quelques jours. Il m’a plu car il m’a « dérangé », laissé perplexe. Situation que j’apprécie en général. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère, l’intemporalité, le côté archétypal. Des associations sont entrées en résonnance avec l’ouvrage de Clarissa Pinkola Estes « Femmes qui courent avec les loups » et le remarquable docu-fiction de Jean Xavier de Lestrade « Parcours meurtier d’une mère ordinaire : l’affaire Courjault ».
    Une triade Homme/Femme/Enfant d’un côté dans leur synergie dramatique, et de l’autre une Mére/Congélateur/Enfant absente à elle même et fondée par cette béance même. Un gouffre peut-il être coupable ? critiquable ? Il est là, comme un hypnotique vortex.
    Je me suis retrouvé face à l’Antichrist devant l’isondabilité abyssale de « l’âme humaine » ou les mots et les discours deviennent sidération et silence devant une ineffable horreur étincellante. Une forme de sacré.
    Chapeau l’artiste et les artistes…

    Merci pour votre critique ainsi qu’à tous celles et ceux qui ont laissé un commentaire.

  22. Nitche
    Le 13 décembre 2009 à 15:04 | Permalien

    Je viens de voir le film hier soir en DVD. Je ne l’ai pas suivi lors de sa sortie, juste entendu parler.
    Il m’a profondément touché. Il est non-complaisant, heureusement politiquement incorrecte – ce qui doit expliquer les réactions petits bourgeois des critiques crasses – il est beau dans la complexité et la véracité de son questionnement. Traduire, aussi bien un livre qu’un film est le trahir. LVT a fait un film, pas une thèse. Il est donc à prendre comme tel, comme une oeuvre en images et même s’il montre, tout en mystère.
    Personnellement je n’ai pas tant vu la culpabilité d’une mère, que la place et le sens du sexe entre deux êtres, sexe qui par ailleurs donne la vie.
    Je ne fais pas d’interprétation particulière, car chacun trouve ce qu’il peut dans un tel film et c’est bien ainsi. Je pense que ce film n’est pas là pour plaire ou déplaire, mais pour dire, à chacun d’entendre ou pas.
    Maintenant « Antichrist » n’est certainement pas un titre choisi au hasard, comme tout le reste. A l’inverse de vous, j’ai vu l’Antichrist dans le personnage du mari. Les deux images de pénétration au début comme à la fin, me font dire – mais cela n’engage que moi et même si je ne mène aucun combat en disant cela – que la mal c’est lui,celui qui pénètre et qui à ce qu’il faut pour le faire. Quant à elle, inconsciemment elle la comprit, à la fois tente de s’en défendre, à la fois se laisse convaincre que le mal c’est elle.
    Les femmes qui convergent (si j’ose dire) vers lui à la fin sont toutes celles qui ont tenté de s’affranchir, mais il a gagné, il a tué sa femme et toutes ces femmes. Il s’en sort vainqueur et s’en va poursuivre son oeuvre ….. ce film est comme un délire, un rêve prémonitoire, une illumination des couches profondes. A peine on tente de le comprendre et surtout de l’expliquer, à peine il nous échappe. C’est exactement ce que je ressens après avoir écrit ces lignes, dont je ne suis plus sûr.

  23. Richard
    Le 28 décembre 2009 à 1:23 | Permalien

    tout d’abord je dois vous avouer que je n’ai (selon moi) aucun talents pour ce qui est de critiquer un film. Je dois dire que votre approche colle parfaitement à l’idée que je me faisais, et si il m’avait fallu rédiger une analyse de cette oeuvre, je crois qu’elle serait fort semblable à celle ci.
    J’ai aimé le coté épuré de la réalisation, 1 homme et 1 femme pas plus. En effet pourquoi ajouter des éléments qui au final n’auraient rien ajoutés, étant donné qu’on traite ici des réactions de l’homme, de la femme et de la mere….

    Derrière une apparence sobre et épurée ce cache un des plus grands thèmes sociologique « le lien entre l’eros et le thanatos » (thanatos à prendre au sens large, mort, douleur, deuil, culpabilité, folie…) C’est ce qui m’a de suite interpellé dans ce film.

    La femme laisse son bébé mourrir pour quelques secondes de jouissance, du moins pourrait-on croire, car plus tard on se rend compte que c’est plus complexe (souliers à l’envers) on se rend compte que il n’y a pas deux personnages, mais trois (je pense) L’homme, la mere et la femme

    Bon je pense que je me mélange un pe dans mes explications… et beaucoup de choses ont déjà été dites plus haut
    En tout cas merci à LVT pour ce chef d’oeuvre et à vous pour ces critiques qui lui rendent hommage

  24. Le 28 décembre 2009 à 11:34 | Permalien

    Merci pour ce commentaire intéressant ;vous avez raison il y a bien trois personnages… Je n’avais pas repensé à Eros et Thanatos mais cela me semble assez juste.
    C’est vrai qu’il faut remercier LVT pour avoir le courage de faire des films pareils, il y a tellement de films fades… Dire qu’un journaliste à Cannes lui a demandé de se justifier, de dire pourquoi il avait fait un film pareil! pfff
    Quand vous dites que vous n’avez aucun talent pour critiquer des films, avez-vous vraiment déjà essayé? Votre commentaire laisse penser que vous vous débrouilleriez peut-être mieux que vous ne le pensez!

  25. Reichmann
    Le 10 janvier 2010 à 19:44 | Permalien

    Bonjour,
    Nous sommes deux psychologues d’orientation psychanalytique, très intérressés par le cinéma en général et Antichrist et nous sommes en train d’écrire un article pour une revue de psychologie que nous ne manquerons pas de vous envoyer pour partager notre vision du film.
    Merci pour votre article de réflexion vs de réaction.

  26. Le 10 janvier 2010 à 21:49 | Permalien

    Merci beaucoup! Je suis impatient de lire votre article. Je vous envoie mon adresse e-mail.

  27. Cendrine
    Le 7 mars 2010 à 12:06 | Permalien

    J’ai vu antichrist hier soir et ressentais un grand besoin de savoir ce que d’autres en pensaient… Je ne suis pas sortie du film indemne, il m’a énormément secouée et j’en retiens des sensations très prenantes et très ambivalentes. Merci donc pour vos commentaires, qui m’ont permis de reprendre un peu pied.

    Si, au niveau de la réalisation et du traitement du sujet, je trouve le film unique et très efficace, j’ai été assez déçue par le dévoilement excessif de certains plans, que je ne trouvais pas nécessaires pour que l’on accède à la violence subjective qui se joue dans dans la vie interne des personnages. A mon goût, il n’était pas indispensable ni très subtile d’exposer « dans la réalité » le spectateur à chaque détail de ce qui peut être fantasmé ou agi dans les instants de souffrance extrême (au niveau intrapsychique s’entend).

    J’aurais trouvé plus cohérent, et plus en accord avec le message du film qui se veut tout de même largement analytique, de voir certains plans plus suggérés (la scène de perforation de la jambe, ou d’excision). Il ne s’agit pas ici de respecter une certaine pudeur ou sensibilité du spectateur, mais je trouve que ça ne confère pas plus de puissance au film, au contraire, je trouve cela un peu superflu. J’aurais préféré une évocation plus sublimée (l’effet brut ou cru peut être tout aussi saisissant sans filmer directement l’objet en question).

    En-dehors de cela, comme la majorité d’entre vous qui ont déposé un commentaire, je trouve extrêmement stupide les critiques de misogynie à propos du film. En profondeur, tout ce qui est mis en scène correspond à une juste réalité du vécu intrasubjectif des personnages. Le film serait, de mon point de vue, plutôt à l’extrême inverse, puisqu’il fait se rejoindre l’homme et la femme, dans une rencontre terrible et totale, au travers de vécus émotionnels enchevêtrés, tellement indissociables et indicibles qu’ils en deviennent inextricables. Le thérapeute n’a plus rien à quoi se raccrocher de rationnel, il vire dans un univers incontrôlable et il n’est plus qu’homme, autant réduit à l’impuissance et à l’imperfection que la femme dans sa folle descente aux enfers.

    Les images au ralenti dans la forêt évoquent pour moi l’égarement de Dante dans l’Enfer, la présence des trois animaux pouvant également remplacer le lion, la louve et le léopard, incarnation des trois péchés. La rencontre avec Lucifer est pressentie, et indissociable des personnages eux-mêmes. C’est très fort!

    Merci pour ce partage!

  28. Les trois mendiants
    Le 31 mars 2010 à 8:31 | Permalien

    Bonnes critiques, et bons commentaires. Et cela n’épuise pas le sujet !
    A mon sens, c’est bien plus que l’histoire de deux personnages quelconques de film. Il faut voir ce film par les yeux de René Girard (lire « la violence et le sacré » et « des choses cachees depuis la fondation du monde »).

    Quelques pistes à creuser :

    Le thème de l’amour et de la haine entremêlés : de l’enfant (à lire entre les lignes du film et explicitement à la fin) et des personnages entre eux (sexe et violence).
    Le thème de l’impuissance de la rationalité face aux passions qu’elle provoque, et qui échoue totalement, dans la violence, face au trois mendiants (douleur, désespoir, peine). Et ces derniers en appellent, dans ce contexte rationaliste, au sacrifice humain… d’abord de l’enfant, puis de la Madame.

    Il est à noter la symétrie (schématique) des comportements de la femme et de l’homme à partir du moment le couple inverse leurs rôles dans un but « thérapeutique ». La non symétrie apparente, vient du fait que Lars Von Trier, filme du point de vue de l’homme et comme c’est ce dernier qui survit, il se donne le beau rôle de la victime innocente. Car Madame vit son enfant comme un boulet, que lui a placé Monsieur, d’ou son sentiment de culpabilité et d’ou la douloureuse scène avec la meule. Et la rationalité de Monsieur est violence pure. Madame reproduit sur Monsieur tout ce qu’il lui a fait subir et elle le force au meurtre tout comme elle l’a ressenti vis à vis de leur enfant.

    Au finale, le thème principal est bien de la destruction de l’idée même de famille: l’antéchrist de Lars Von Trier ? Voir même le thème biblique apocalyptique ?

    Non, vraiment, bien plus large que l’histoire de deux personnages quelconques.

    Bravo M. Lars Von Trier.

  29. Les trois mendiants
    Le 31 mars 2010 à 9:34 | Permalien

    Cher M. Citizen Poulpe

    Je ne sais si cela est possible (confidentialité du texte…), mais je serais moi-même intéressé par cet article dont il est question dans le poste du 10 janvier 2010 de M. Reichmann…

    Merci pour votre site

    Bien à vous .

    Ps: Désolé pour fautes d’orthographe dans mon précédent message.

  30. Marcellus
    Le 6 juin 2010 à 22:52 | Permalien

    Bravo Citizen Poulpe pour ton analyse claire et perspicace !

  31. cinephily
    Le 24 juillet 2010 à 12:27 | Permalien

    Magnifique oeuvre de Lars!
    Après l’avoir vue la première fois, je me suis dit que c’était le meilleur film que je n’avais jamais vu depuis très longtemps.

    J’ai été submergée par les multiples états dans lesquels le film m’a plongée.

    Pour les énumérer et les commenter:

    J’ai été dérangée, secouée, émue, tout un panel d’émotions y sont passées :
    c’est logique qu’une oeuvre d’art suscite des émotions. Quelles qu’elles soient, c’est plutôt un bon point, même si on ressent de l’horreur, de l’indignation, du dégoût ou que sais-je… Ces émotions qui nous sont propres et que le voisin peut ne pas ressentir en vivant la même chose, en disent long sur nous-mêmes. Elles sont une occasion pour nous de mieux nous connaître. Et c’est ce que j’aime dans l’Art.

    J’ai été aussi confuse, dépassée par la profusion de symbolisme m’empêchant de saisir toute la signification du film au premier abord. Dans ma confusion, j’ai ressenti toute la magnificence du film et compris tout de suite que c’était une oeuvre d’art!

    J’ai été amusée par des plans que je n’attendais pas car inhabituels au cinéma et politiquement incorrects pour beaucoup de gens, amusée et même ravie! LVT en faisant montre de sa liberté en dépit des habitudes d’usage ou des attentes du spectateur, met en même temps le doigt sur ce fait décritn dans l’article : »Antichrist a suscité des réactions révélatrices du fait que la perception de l’art a rarement été aussi conditionnée et étroite qu’à notre époque ». Probablement que Antichrist a été l’oeuvre idéale pour LVT de dénoncer cela. Pour moi il n’y a pas de provocation. Ce serait un procès d’intention. On peut être choqué sans que celui qui en est à l’origine l’ait cherché. Simplement ça met chacun des spectateurs, journalistes ou pas, face à lui même et à ses propres limitations. LVT gagne mon profond respect pour se montrer libre à travers la réalisation de son film!

    Avec le temps qui passe, ma fascination pour ce film grandit, parce que je découvre un peu plus de ce qui m’a échappé, rien qu’en y repensant.
    Je suppose qu’aux visionnements suivants, on dépasse les émotions suscitées qui nous aveuglent, pour porter notre attention sur les détails et aspects qui nous ont échappés la première fois, et on comprend avec le recul, de plus en plus toute la portée de l’oeuvre.

    Un film à voir et à revoir à volonté, je pense que je ne m’en lasserai jamais.
    Merci pour vos analyses à tous, je pense que je vais le redéguster bientôt!!

  32. Vanina
    Le 17 août 2010 à 15:05 | Permalien

    Ouf, enfin des explications !! J’ai été tellement déçue par les mauvaises critiques faciles, en cherchant des explications sur le sens du film ! Merci =)

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