Film de Richard Linklater
Année de sortie : 2025
Pays : États-Unis, France
Scénario : Vince Palmo, Holly Gent, Michèle Halberstadt et Lætitia Masson
Photographie : David Chambille
Montage : Catherine Schwartz
Avec : Guillaume Marbeck, Zoey Deutch, Aubry Dullin, Bruno Dreyfürst, Benjamin Cléry, Matthieu Penchinat
Nouvelle Vague est un hommage effervescent au premier film de Godard et au mouvement artistique révolutionnaire dans lequel il s’inscrit.
Synopsis du film
France, 1959. Les 400 coups de François Truffaut (Adrien Rouyard) fait sensation à Cannes. Claude Chabrol (Antoine Besson) a déjà réalisé son Beau Serge. Jean-Luc Godard (Guillaume Marbeck), proche des deux cinéastes et plume, comme eux, aux Cahiers du cinéma, a hâte de réaliser son premier long métrage.
Soutenu par ses comparses de la Nouvelle Vague et par le producteur Georges de Beauregard (Bruno Dreyfürst), il se lance dans la préparation d’un film basé sur une histoire écrite par Truffaut. Mais comme le lui explique celui-ci, chaque film est constitué de cinq films différents : celui qu’on écrit ; celui dont on distribue les rôles ; celui qu’on tourne ; celui qu’on monte ; celui qu’on sort.
Nouvelle Vague raconte ces cinq films, qui forment À bout de souffle.
Critique de Nouvelle Vague
Nouvelle Vague est entièrement dédié à la préparation et à la fabrication d’À bout de souffle. Ce n’est, en aucune façon, un biopic sur son réalisateur. Il s’agit donc d’un film sur un tournage de film, ce qui me fait penser à Ça tourne à Manhattan (1995), de Tom DiCillo, même s’il existe bien sûr d’autres exemples. S’ils n’ont pas beaucoup d’autres points communs en dehors de celui-ci, Nouvelle Vague et Ça tourne à Manhattan partagent aussi une grande légèreté.

Car oui, le film de Richard Linklater (le culte Dazed and confused ; Before Sunrise ; A Scanner Darkly ; etc.) est léger. Le choix de cette tonalité n’était pas forcément une évidence : en abordant le travail de Jean-Luc Godard, un autre cinéaste aurait pu être tenté de chercher à atteindre une profondeur, une forme d’absolu. Cette ambition l’aurait sans doute perdu, d’ailleurs. La démarche de Linklater est humble : c’est celle d’un hommage. Démarche qui elle aussi, n’était pas sans risques : au cinéma, les hommages poussiéreux et formolés sont légion.

Au contraire, Nouvelle Vague (écrit par un duo de scénaristes américains, adapté en français par le tandem Michèle Halberstadt et Laetitia Masson) est plein de rythme et de vie. Il faut dire que son principal objet est stimulant : il s’agit de la créativité même. Sur le tournage d’À bout de souffle, les techniciens, comme les acteurs, n’en ont pas manqué. Comme d’autres films du même courant, mais à son unique manière, le premier long de Jean-Luc Godard a redéfini le rapport au corps, à la rue, aux décors, au son, aux acteurs, à la caméra mais aussi l’approche des dialogues (retravaillés sur un coin de table jusqu’au fameux « moteur, Raoul ! » lancé par Godard à son chef opérateur), des personnages et du découpage. (Jean Douchet a raconté tout cela infiniment mieux que je ne saurais le faire dans sa passionnante série d’émissions Une Histoire de la nouvelle vague, sur France Culture.)
Le film capture cette effervescence créative avec un plaisir communicatif. C’est ce qui fait son sel et sa fraîcheur. Alors certes, il n’est pas, en lui-même, particulièrement mémorable, mais l’alliage de la précision (tout cela est réglé comme du papier à musique, et remarquablement bien interprété) et de la légèreté n’est pas si fréquente au cinéma. Pétillant, le film est aussi inspirant, tant il célèbre la joie et la liberté d’inventer. D’ailleurs, si vous allez le voir au cinéma Le Louxor (où a été tourné l’une des premières scènes), emmenez un cahier (ou un ordinateur portable) et, après la projection, allez faire un tour au bar situé au dernier étage – qui sait, peut-être y noterez-vous le début d’une bonne histoire…





















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