The Blob - Irvin Yeaworth

The Blob

Film de Irvin Yeaworth
Titre original : The Blob
Année de sortie : 1958
Avec : Steve McQueen, Aneta Corsaut

Steve Andrews: I don’t like it much. I guess the only way to find that, is to go and look for it.

Steve Andrews (Steve McQueen), stupéfiant de lucidité dans The Blob.

Lieutenant Dave: At least we’ve got it stopped.
Steve Andrews: Yeah, as long as the Arctic stays cold.

Lt Dave (Earl Rowe) et Steve Andrews (Steve Mc Queen), visionnaires dans The Blob.

The Blob est un sympathique film indépendant très représentatif du cinéma d’horreur américain des années 50, et de son obsession de la menace communiste. Un classique des drive-in avec Steve McQueen dans l’un de ses premiers rôles au cinéma.

Synopsis de The Blob

Une substance informe et gélatineuse venue de l’espace tombe près de la petite ville de Downingtown, Pennsylvanie, sous le regard perplexe de Steve Andrews (Steve McQueen) et Jane Martin (Aneta Corsaut), deux jeunes qui flirtaient innocemment par une nuit étoilée.
Initialement de la taille d’un poing, le blob grossit à mesure qu’il absorbe un à un les habitants de la paisible bourgade, tandis que Steve et ses amis tentent en vain d’alerter des policiers incrédules.

Critique

The Blob, énième représentation du communisme dans le cinéma fantastique américain des fifties

The Blob est un film fantastique indépendant à petit budget. En attestent la pauvreté des décors, des effets spéciaux dès que la chose atteint une taille critique, mais également, il faut bien le dire, une réalisation et un scénario qui, bien qu’honnêtes, restent très modestes.

Mais qu’importe : The Blob n’a pas usurpé sa réputation de classique des drive-in. Le charme du film est indéniable ; y contribuent à égale mesure la présence du jeune McQueen – qui n’a pas encore le charisme de Bullit mais son rôle de sympathique bellâtre ne l’aurait de toute façons pas justifié - le manque de moyens, les dialogues très légers, et bien sûr le blob lui-même, monstre improbable et tout à fait original qui est d’ailleurs plutôt bien fait pour l’époque quand il reste d’une taille raisonnable. Quand on pense au budget du film, on ne peut que tirer son chapeau aux techniciens qui ont conçu la créature.

Comme beaucoup de films d’horreur américains tournés à cette époque, The Blob symbolise très explicitement la menace communiste : typiquement perçue comme une idéologie destructrice de l’individu, il est difficile de mieux la représenter, sous cet angle, que par une masse flasque absorbant les êtres humains.

Un autre grand classique de l’époque, Invasion of the Body Snatchers, de Don Siegel (futur réalisateur de Dirty Harry), avait représenté l’invasion communiste par le biais d’extra terrestres prenant l’apparence des hommes, mais dénués de leurs sentiments et émotions. Le film de Siegel, au scénario et à la réalisation très maîtrisés, a d’ailleurs très bien vieilli et surpasse largement ses remakes, y compris celui du talentueux Abel Ferrara, regardable mais très mineur dans la filmographie du réalisateur de Bad Lieutenant.

The Blob a d’ailleurs également fait l’objet d’un très bon remake de Chuck Russel en 1988, qui vaut largement le détour.

Le générique génial de The Blob

The Blob débute par un générique surprenant, rythmé par une chanson de Burt Bacharach (alors inconnu), Beware of the Blob, dont la tonalité sud-américaine très enjouée dénote totalement avec le style du film. Probablement volontaire, le décalage est particulièrement amusant et contribue à faire du générique un moment délectable – un des meilleurs du film d’ailleurs !

Quelques années plus tard, Burt Bacharach signera d’autres musiques de films dont celle, superbe, de Butch Cassidy and The Sundance Kid, western de George Roy Hill avec Paul Newman et Robert Redford.

En résumé, The Blob, bien que d’une facture beaucoup plus modeste que Invasion of The Body Snatchers (à sa décharge, il bénéficiait d’un budget bien moindre que le classique de Siegel), est un film franchement sympathique, plein de charme et très révélateur d’une époque où les américains faisaient preuve d’une belle imagination pour exprimer leur rejet du communisme.

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