Film de Peter Weir
Titre original : Picnic at Hanging Rock
Année de sortie : 1975
Avec : Rachel Roberts, Dominic Guard, Helen Morse
A girl’s voice: What we see, and what we seem, are but a dream. A dream within a dream.
Edgar Allan Poe, cité dans Pique-nique à Hanging Rock.
Avec Pique-nique à Hanging Rock, Peter Weir réalise un film à l’atmosphère onirique et mystérieuse.
Synopsis de Pique-nique à Hanging Rock
L’action se déroule en Australie, au cours de l’année 1900. Le jour de la Saint-Valentin, les membres d’un établissement scolaire pour jeunes filles partent faire un pique-nique à Hanging Rock, un vaste et ancien rocher volcanique. Au cours de la journée, trois élèves – qui s’étaient éloignées du groupe – et une professeur, disparaissent mystérieusement. Les recherches de la police demeurant infructueuses, deux jeunes hommes, dont l’un est obsédé par l’une des disparues, Miranda, retournent à Hanging Rock dans l’espoir de les retrouver.
Critique
Une nature onirique et mystérieuse
Pique-nique à Hanging Rock est à l’origine un roman de Joan Lindsay. Le film, comme le livre, nous présente les événements comme étant véridiques ; en réalité, il s’agit vraisemblablement d’une pure fiction.
Ce choix d’entretenir une ambiguïté entre vérité et imagination est parfaitement délibéré, Hanging Rock nous étant dépeint comme un lieu où rêve et réalité se croisent et se confondent – les trois jeunes femmes disparaissent d’ailleurs peu après s’être endormies, s’éloignant sans réagir aux protestations de leur camarade, comme envoutées, ou se déplaçant dans une autre dimension, dans un autre rêve, ainsi que le suggère la citation du début (A dream within a dream), empruntée à l’écrivain et poète américain Edgar Poe. Cette impression d’irréalité est accentuée par le fait que lorsque l’une des jeunes femmes est retrouvée, vivante, une semaine après l’événement, ses pieds sont rigoureusement intacts – alors que les trois étudiantes avaient retiré leurs bas et marché pieds nus sur les rochers.
La caméra de Weir filme une nature hypnotique, à la beauté mystérieuse et intemporelle, dont l’emprise sur les quatre écolières grandit à mesure qu’elles gravissent le rocher. Le réalisateur élabore de superbes plans superposés pour symboliser cette emprise, et pour représenter le lien mystérieux entre la beauté féminine et celle des paysages naturels et des animaux.
En un sens, le personnage clé du film est Miranda, l’une des quatre disparues. Dès son arrivée à Hanging Rock, c’est la première à être littéralement fascinée par les lieux, et c’est elle qui aura l’idée de cette ballade en compagnie de trois autres élèves. Sa beauté et la fascination qu’elle exerce sur plusieurs autres personnages (I know that Miranda is a Boticelli angel, déclare une professeur en la regardant s’éloigner) souligne son appartenance sous-jacente à cette réalité parallèle que Hanging Rock révèle peu à peu, cet univers du rêve inhérent à la nature. Miranda a également ce geste d’adieu prémonitoire et cette expression étrange au moment de partir en promenade, qui suggèrent qu’elle ressent plus ou moins consciemment ce qui va se produire.
Everything happens at the right time and place…
Car l’aspect fascinant de Pique-nique à Hanging Rock réside dans cette idée étrange que le hasard n’est pas – que les êtres et les événements sont guidés par des forces naturelles mystérieuses. Plusieurs répliques expriment ce concept ; ainsi l’une des élèves déclare en arrivant sur les lieux que Hanging Rock les « attendait » depuis un million d’années. Miranda, au cours de la ballade, prononce la phrase significative Everything happens at exactly the right time and place. Une jeune femme évoque dans une conversation un cerf doomed to die (condamné à mourir) ; une autre, l’idée que l’existence de certaines personnes peut avoir un objectif ignoré d’elles-mêmes.
Le rêve est donc partie intégrante de la nature qui nous entoure, et dont les lois obscures et insondables dépassent infiniment celles, strictes et dérisoires, de l’école privée dont sont issues les jeunes femmes.
Bénéficiant d’une réalisation et d’une photographie servant remarquablement son histoire, Pique-nique à Hanging Rock est indéniablement un beau – et unique – moment de cinéma.
Pique-nique à Hanging Rock
Film de Peter Weir
Titre original : Picnic at Hanging Rock
Année de sortie : 1975
Avec : Rachel Roberts, Dominic Guard, Helen Morse
Edgar Allan Poe, cité dans Pique-nique à Hanging Rock.
Avec Pique-nique à Hanging Rock, Peter Weir réalise un film à l’atmosphère onirique et mystérieuse.
Synopsis de Pique-nique à Hanging Rock
L’action se déroule en Australie, au cours de l’année 1900. Le jour de la Saint-Valentin, les membres d’un établissement scolaire pour jeunes filles partent faire un pique-nique à Hanging Rock, un vaste et ancien rocher volcanique. Au cours de la journée, trois élèves – qui s’étaient éloignées du groupe – et une professeur, disparaissent mystérieusement. Les recherches de la police demeurant infructueuses, deux jeunes hommes, dont l’un est obsédé par l’une des disparues, Miranda, retournent à Hanging Rock dans l’espoir de les retrouver.
Critique
Une nature onirique et mystérieuse
Pique-nique à Hanging Rock est à l’origine un roman de Joan Lindsay. Le film, comme le livre, nous présente les événements comme étant véridiques ; en réalité, il s’agit vraisemblablement d’une pure fiction.
Ce choix d’entretenir une ambiguïté entre vérité et imagination est parfaitement délibéré, Hanging Rock nous étant dépeint comme un lieu où rêve et réalité se croisent et se confondent – les trois jeunes femmes disparaissent d’ailleurs peu après s’être endormies, s’éloignant sans réagir aux protestations de leur camarade, comme envoutées, ou se déplaçant dans une autre dimension, dans un autre rêve, ainsi que le suggère la citation du début (), empruntée à l’écrivain et poète américain Edgar Poe. Cette impression d’irréalité est accentuée par le fait que lorsque l’une des jeunes femmes est retrouvée, vivante, une semaine après l’événement, ses pieds sont rigoureusement intacts – alors que les trois étudiantes avaient retiré leurs bas et marché pieds nus sur les rochers.
La caméra de Weir filme une nature hypnotique, à la beauté mystérieuse et intemporelle, dont l’emprise sur les quatre écolières grandit à mesure qu’elles gravissent le rocher. Le réalisateur élabore de superbes plans superposés pour symboliser cette emprise, et pour représenter le lien mystérieux entre la beauté féminine et celle des paysages naturels et des animaux.
En un sens, le personnage clé du film est Miranda, l’une des quatre disparues. Dès son arrivée à Hanging Rock, c’est la première à être littéralement fascinée par les lieux, et c’est elle qui aura l’idée de cette ballade en compagnie de trois autres élèves. Sa beauté et la fascination qu’elle exerce sur plusieurs autres personnages (, déclare une professeur en la regardant s’éloigner) souligne son appartenance sous-jacente à cette réalité parallèle que Hanging Rock révèle peu à peu, cet univers du rêve inhérent à la nature. Miranda a également ce geste d’adieu prémonitoire et cette expression étrange au moment de partir en promenade, qui suggèrent qu’elle ressent plus ou moins consciemment ce qui va se produire.
Car l’aspect fascinant de Pique-nique à Hanging Rock réside dans cette idée étrange que le hasard n’est pas – que les êtres et les événements sont guidés par des forces naturelles mystérieuses. Plusieurs répliques expriment ce concept ; ainsi l’une des élèves déclare en arrivant sur les lieux que Hanging Rock les « attendait » depuis un million d’années. Miranda, au cours de la ballade, prononce la phrase significative . Une jeune femme évoque dans une conversation un cerf (condamné à mourir) ; une autre, l’idée que l’existence de certaines personnes peut avoir un objectif ignoré d’elles-mêmes.
Le rêve est donc partie intégrante de la nature qui nous entoure, et dont les lois obscures et insondables dépassent infiniment celles, strictes et dérisoires, de l’école privée dont sont issues les jeunes femmes.
Bénéficiant d’une réalisation et d’une photographie servant remarquablement son histoire, Pique-nique à Hanging Rock est indéniablement un beau – et unique – moment de cinéma.