Les Femmes de Stepford

Les Femmes de Stepford

Film de Bryan Forbes
Titre original : The Stepford Wives
Année de sortie : 1975
Avec : Katharine Ross, Paula Prentiss, Peter Masterson, Nanette Newman

Dale Coba: I like to watch women doing little domestic chores.
Joanna Eberhart: You came to the right town.

Joanna Eberhart: We just want to see if there is any interest for some kind of activities in Stepford, that’s all.
Stepford wife: Well there isn’t any interest here, Joanna. I know I shouldn’t say this, but I just love my brownies.

Film fantastique à la dimension sociale évidente, Les femmes de Stepford est, après l’excellent Rosemary’s Baby, une nouvelle adaptation cinématographique réussie d’un roman d’Ira Levin.

Synopsis des Femmes de Stepford

Joanna et Walter Eberhart, couple new-yorkais, déménagent dans la petite ville de Stepford avec leurs deux enfants.

Joanna, jeune femme moderne et artiste (elle est photographe amateur), s’ennuie rapidement dans cette ville résidentielle, si différente de New-York et de son atmosphère.

Tandis que son mari s’inscrit dans une association locale exclusivement réservée aux hommes, Joanna remarque peu à peu que les femmes de Stepford sont totalement soumises à leur mari, et, plus curieux encore, étrangement ravies d’accomplir les différentes tâches domestiques.

Elle rencontre Bobbie, une femme plus dynamique qui partage son point de vue. Toutes deux vont tenter d’éveiller les consciences de leurs voisines et de percer le mystère de Stepford.

Critique

Une nouvelle adaptation réussie d’un roman d’Ira Levin

Les femmes de Stepford est la troisième adaptation au cinéma d’un roman d’Ira Levin. La plus célèbre, et la plus brillante, étant Rosemary’s Baby, chef d’œuvre de Roman Polanski avec Mia Farrow et John Cassavetes, qui révolutionna le genre et fait incontestablement partie des plus grands films fantastiques jamais réalisés.

Sans atteindre ces sommets, Les femmes de Stepford distille une ambiance mystérieuse, et repose sur un scénario qui privilégie une montée progressive de la tension dramatique (contrairement au remake de 2004, de Frank Oz, qui prend le parti pris du grotesque et désamorce très rapidement le dénouement final). Le film est aussi souvent très comique, tant les housewives de Stepford sont des caricatures drolatiques de la femme au foyer idéale obsédée par la propreté, par la satisfaction de son mari, et particulièrement flatteuse au lit (You’re the master, you’re the king ! s’écrie l’une d’elle pendant l’acte). Les femmes de Stepford joue donc subtilement de l’absurde tout en réservant des scènes inquiétantes et mystérieuses.

La dimension sociale des Femmes de Stepford

La réussite du film tient également largement au choix de l’actrice principale, Katharine Ross, que l’on avait notamment déjà vue dans le superbe western Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill, où elle interprétait la compagne de Sundance (Robert Redford). Elle incarne ici parfaitement un personnage de femme intelligente, créative et aspirant à davantage de liberté, quand son mari, un homme d’apparence doux et courtois, prend finalement les décisions les plus importantes au quotidien (l’idée du déménagement à Stepford vient de lui).

Katharine Ross dans Les femmes de Stepford

Révélateur de l’évolution de la condition de la femme, initiée dans les années 60, ce personnage évite habilement tout cliché et Katharine Ross parvient à exprimer toute sa sensibilité et son caractère, grâce à la justesse de son jeu et à sa beauté naturelle.

Réflexion sur le rôle de la femme dans la société, Les femmes de Stepford est très ancré dans son époque, marquée par la récente (et relative) libération des mœurs et de la femme en particulier. C’est toute l’intelligence de l’histoire d’Ira Levin, que le film retranscrit fidèlement, sans génie mais avec suffisamment de savoir-faire pour convaincre.

Pour cette raison, Les femmes de Stepford, finalement peu connu en France, s’impose comme un classique du cinéma fantastique. Une œuvre intelligente, maîtrisée, et à la fin aussi remarquable qu’effrayante. Surtout pour les femmes – peut-être certains hommes lassés se surprendront, eux, à rêver d’un week-end paisible à Stepford…

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Un commentaire

  1. Florent
    Le 26 décembre 2008 à 11:35 | Permalien

    Merci pour le conseil ! Le doute s’installe subrepticement, et monte doucement jusqu’au final, qui m’a quelque peu rappelé celui de Rosemary’s Baby… Un très bon film dont le titre est même passé dans l’anglais courant pour désigner entre autres l’épouse de George Bush, ou Katie Holmes après son mariage à Tom Cruise :o )

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