Invasion Los Angeles

Invasion Los Angeles
Film de John Carpenter
Titre original : They live
Année de sortie: 1988
Avec : Roddy Piper, Keith David, Meg Foster.

Nada: I have come here to chew bubblegum and kick ass… and I’m all out of bubblegum.

Nada: Brother, life’s a bitch… and she’s back in heat.

Avec Invasion Los Angeles, John Carpenter réalise un film de S.F efficace et drôle, charge virulente contre les années Reagan.

Synopsis de Invasion Los Angeles

John Nada (Roddy Piper), ouvrier au chômage, arrive à Los Angeles pour trouver du travail. Embauché sur un chantier, il vit dans un bidonville en attendant des jours meilleurs.

Des événements étranges éveillent peu à peu son attention ; un inconnu pirate les chaînes de télévision pour diffuser des messages inquiétants, et surtout il découvre un énigmatique trafic de lunettes noires dans l’église située près des campements. Un soir, frappé par la violence d’une intervention policière, John Nada décide de comprendre ce qui se trame. Il ne tardera pas à découvrir une réalité aussi insoupçonnée qu’alarmante pour l’espèce humaine…

Critique

Les années Reagan selon Carpenter

De nombreux films d’extra-terrestres ont une connotation très politique. Dans les années 50, les envahisseurs venus de l’espace symbolisaient la menace soviétique ; c’est le cas dans Invasion of the Body Snatchers, de Don Siegel, The Blob, de Irvin Yeaworth, The Thing, de Christian Niby, dont Carpenter réalisa un génial remake, probablement son chef d’œuvre d’ailleurs.

Dans Invasion Los Angeles, ce n’est pas le spectre des russes qui se cachent derrière les visages hideux des extra-terrestres, mais bien l’Amérique de Reagan, que Carpenter désapprouvait totalement. Ainsi, les messages subliminaux découverts par le héros lorsqu’il porte des lunettes noires (Obey, Submit, Buy, Marry and reproduce) sont d’évidentes caricatures de la politique de Ronald Reagan, dont Carpenter dénonce l’aspect profondément individualiste et ultra-libérale (à noter que le réalisateur ne se qualifie absolument pas comme un socialiste et que son point de vue n’est pas anti-républicain).

Invasion Los Angeles

Invasion Los Angeles, bien que fondamentalement drôle et divertissant, est donc un film très ancré dans la réalité sociale et politique de l’époque. On peut supposer que le personnage de John Nada (nom qui signifie, littéralement, « rien »), qui au début du film témoigne d’une confiance inébranlable en son pays (I believe in America, I follow the rules, affirme t-il) avant de découvrir la vérité sur le pouvoir, fait écho à l’incrédulité et la déception du réalisateur vis à vis du gouvernement de l’époque.

Du pur Carpenter

Bien que délivrant donc un message politique (avec un manque de nuance et de finesse assumé), Invasion Los Angeles prend clairement le parti  de divertir et d’amuser le spectateur. Riche en situations et répliques comiques, le film est aussi bourrin que son personnage principal, John Nada, qui compense son manque total de discrétion par une redoutable efficacité quand il s’agit de flinguer ou de quicher ses adversaires. Ainsi que par une solide capacité à encaisser les coups (et les chutes).

Préoccupé uniquement par son propre plaisir et celui des spectateurs, comme souvent d’ailleurs, Carpenter filme les scènes d’action sans le moindre souci de réalisme, et le résultat est jubilatoire. Profitant du fait que Roddy Piper est un ancien catcheur, il tourne, selon ses propres mots, une des plus longues scènes de bagarre jamais réalisée, d’autant plus efficace et drôle qu’elle est totalement gratuite dans la narration. C’est d’ailleurs l’un des films les plus ouvertement comiques du réalisateur, avec l’excellent Vampires.

Invasion Los Angeles

Sens du cadrage, utilisation du widescreen, nombreux plans fixes, thème musical minimaliste signé par Carpenter lui-même (il co-écrit la plupart des musiques de ses films), épouvante teintée d’humour et d’un côté popcorn totalement assumé : Invasion Los Angeles est du pur Carpenter ; celui là même qu’on a bien du mal à retrouver dans Pro-Life, l’un des plus mauvais épisodes de Masters of Horror, projet pour lequel il réalisa deux moyens métrages d’une heure pour chacune des deux saisons.

Si il n’atteint pas – et ne cherche surtout pas à les atteindre – les sommets de The Thing, le chef d’œuvre de Carpenter et un des plus grands films d’horreur jamais réalisés, Invasion Los Angeles est un excellent divertissement doublé d’une charge virulente contre le gouvernement américain de l’époque. Drôle et efficace, le film se regarde avec un plaisir jubilatoire et nous laisse avec l’espoir de revoir au cinéma un Carpenter digne de ce nom, après sa participation décevante à Masters of Horror. Riot, thriller carcéral avec Nicolas Cage et Forest Whitaker (joli casting), devrait sortir en 2009.

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4 commentaires

  1. Le 17 juin 2009 à 10:28 | Permalien

    Un peu trop démonstratif, à mon goût, et Carpenter dans le style « film à gros message », n’y va pas avec le dos de la cuillère ! Pas mon préféré !

  2. Koopa Troopa
    Le 20 septembre 2009 à 13:55 | Permalien

    Ce film est un film culte à l’extrême droite qui a « retourné » le message de Carpenter pour conforter le sien. « Un film indispensable pour comprendre la question juive » avait même écrit un hebdomadaire fasciste.

  3. Le 20 septembre 2009 à 23:26 | Permalien

    Ah oui? J’ignorai totalement cela.

    C’est vraiment n’importe quoi ! Carpenter a du être outré par cette récupération.

  4. samouraikillah
    Le 6 octobre 2009 à 23:23 | Permalien

    un pur che oeuvre de carpenter la realite en pleine face pour tout les ignorants qui vive dans se monde, bravo,a ses film plein de revelation avec des dialogues clair et revolutionnaire ,reveiller vous mes freres et soeurs

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