Bernard Giraudeau : la disparition d’un acteur phare du cinéma français

Bernard Giraudeau

Bernard Giraudeau

Le comédien, réalisateur et écrivain Bernard Giraudeau est mort le 17 juillet dernier, des suites d’un cancer. Retour sur son parcours cinématographique.

Après quelques seconds rôles dans des films de José Giovanni (Deux hommes dans la ville), Yves Boisset (Le juge Fayard dit le Shériff), et Pierre Granier-Deferre (Le toubib), Bernard Giraudeau est devenu, au cours des années 80, un acteur majeur du cinéma français. En 1981, il joue dans le célèbre Viens chez moi j’habite chez une copine, l’une des meilleures comédies de Patrice Leconte. Son duo avec Michel Blanc, également co-scénariste du film, fonctionne à merveille, et la musique de Renaud est restée dans les mémoires. La même année, il est aux côtés de Carole Laure et Brigitte Fossey dans le méconnu Croque la vie, une comédie dramatique très attachante, injustement oubliée depuis (le film ne passe jamais à la télévision et n’existe pas en DVD).

Rapidement, l’acteur s’illustre également dans des univers plus sombres, et des personnages parfois plus ambigus. Il tient sans doute son premier rôle de salaud dans Le Grand Pardon, le célèbre (et plutôt honnête) polar d’Alexandre Arcady, au casting impressionnant (Jean-Pierre Bacri, Gérard Darmon, Jean-Louis Trintignant, Richard Bohringer, Roger Hanin, Richard Berry, et même une apparition de Gainsbourg dans son propre rôle). On se souvient bien sûr du célèbre – et mortel – face à face final entre Giraudeau et Roger Hanin. En 1983, il retrouve José Giovanni dans Le Ruffian, un très bon film d’aventures ou l’acteur donne la réplique à Lino Ventura et Claudia Cardinale, le tout sur une musique originale d’Ennio Morricone.

Un an plus tard, il interprète Chet, un ancien voyou repenti confronté à son passé, dans Rue barbare, un film atypique de Gilles Béhat. Sombre, violent, Rue barbare dépeint l’univers d’une banlieue particulièrement glauque, peuplée de paumés et de criminels. Giraudeau y tient sans doute son rôle le plus physique, le film contenant des scènes de combat très chorégraphiées, rares dans le cinéma français (Jean-Claude Van Damme y fait d’ailleurs une apparition). Bernard Pierre-Donnadieu, un comédien aussi rare qu’inspiré, y livre une composition de salopard mémorable. A noter également la présence de Jean-Pierre Kalfon (Une étrange affaire), une autre gueule du cinéma français, et la B.O signée Bernard Lavilliers. La même année, Giraudeau est Romain Kalides, un séducteur cynique qui fait tourner la tête de la belle et vénéneuse Chris (Valérie Kaprisky) dans L’année des méduses, de Christopher Frank.

Bernard Giraudeau dans "Rue barbare"

Bernard Giraudeau dans "Rue barbare"

L’acteur retrouve ensuite successivement Patrice Leconte pour Les spécialistes, avec Gérard Lanvin, et Gilles Béhat pour Les longs manteaux, nettement moins réussi que Rue barbare.

Dans les années 90, Bernard Giraudeau passe pour la première fois derrière la caméra en signant Les caprices d’un fleuve, dont l’action se situe au Sénégal, pendant la révolution française. Il interprète le personnage principal, aux côtés de Richard Bohringer. Giraudeau exprime dans cette œuvre tout l’humanisme qui le caractérise. Il continue parallèlement sa carrière de comédien, travaillant notamment avec Diane Kurys (Après l’amour), Nicole Garcia (Le fils préféré), Patrice Leconte (Ridicule), François Ozon (Gouttes d’eau sur pierres brûlantes) et Claude Miller (La petite Lili, avec Ludivine Sagnier et l’exceptionnel Jean-Pierre Marielle). En 2004, il tourne dans son dernier film, Chok-Dee, de Xavier Durringer.

Intense, charismatique, Bernard Giraudeau était capable de s’illustrer, aussi bien au théâtre qu’au cinéma, dans des registres très différents. Espérons qu’après avoir diffusé Les spécialistes ce dimanche 18 juillet, un film sympathique mais vu et revu, la télévision aura le bon goût de le montrer dans des œuvres plus rares, pour faire découvrir ou redécouvrir un des meilleurs acteurs français de sa génération.

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3 commentaires

  1. LEMER
    Le 19 juillet 2010 à 14:28 | Permalien

    Et l’excellent « poussieres d’Ange » avec les regrétes Gerard blain et Jean Pierre Sentier.

  2. LEMER
    Le 19 juillet 2010 à 14:33 | Permalien

    Et les Marins Perdus tiré d’un roman de JC Izzo. Euh!! pardon , peuplée de pommés et de criminels. paumés je pense…

  3. Le 23 juillet 2010 à 11:43 | Permalien

    C’est corrigé! Merci

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