Baby Blood

Baby Blood

Film de Alain Robak
Année de sortie : 1989
Avec : Emmanuelle Escourrou, Jean-François Gallotte, Jean-Yves Lafesse, Alain Chabat, Christian Sinniger.

Infirmier n°1 : Hey dis donc tête de con, ce type il est clamsé!
Infirmier n°2 : Appelle moi encore une fois tête de con et j’t'arrache les couilles.
Infirmier n°1 : Tiens gland de mammouth, regarde donc par là bas : la grosse elle remue encore.

Baby Blood, une œuvre violente mais aussi drôle et attachante, reste vingt ans après sa sortie l’un des meilleurs films gore français – certes, la concurrence n’est pas bien rude…

Synopsis de Baby Blood

Yanka (Emmanuelle Escourrou), la petite amie du responsable d’un cirque dans le nord de la France, se fait pénétrer par une étrange entité jaillit des entrailles d’un tigre. Enceinte, elle fuit à Paris. C’est le début d’une cavalcade meurtrière, la créature lui réclamant du sang humain pour se nourrir… et pour naître.

Critique

Baby Blood est l’une des rares incursions du cinéma français dans le film horreur. Avant lui, seuls quelques rares réalisateurs, comme George Franju (Les yeux sans visage), Mario Mercier et Jean Rollin, un des piliers du cinéma bis hexagonal, s’y étaient essayés.

A la différence de plusieurs metteurs en scène de films d’horreur français contemporains (pas tous, on notera parmi les exceptions Didier et Thierry Poiraud pour Atomic Circus), Alain Robak n’a absolument pas cherché à faire un film d’horreur à l’américaine, et c’est tout à son honneur. Les personnages, le jeu des acteurs, la réalisation et les dialogues (très crus et souvent très drôles) nous ramènent à cette bonne vieille réflexion de Depardieu dans Les Valseuses : y a pas d’erreur possible, on est bien en France… Et franchement, voir des scènes purement gore entre deux dialogues de beaufs (les personnages masculins sont volontairement outranciers et vulgaires), c’est rare et ça fait sourire.

Emmanuelle Escourrou dans "Baby Blood"

La voluptueuse Emmanuelle Escourrou.

Quant aux effets spéciaux, il n’y a pas grand chose à dire : les scènes de meurtre et la créature sont plutôt bien faites et n’ont pas pris une ride.

Du côté du scénario, si il ne faut pas y chercher la moindre crédibilité – le « bébé » parle un parfait français dans le ventre de sa mère ; un parti pris certes totalement irréaliste mais sans lequel il n’y aurait finalement pas de film, puisque l’intérêt de l’histoire réside dans les échanges entre la femme et la créature – il n’est pas inintéressant pour autant. Enième variation sur le thème de la maternité (Yanka finit par s’attacher à la chose qu’elle porte en elle, malgré les horreurs qu’elle doit commettre pour la nourrir) et vision plutôt négative de la gente masculine (presque tous les hommes que l’héroïne croise sont violents, fourbes ou pervers), Baby Blood a le mérite de raconter une véritable histoire et pas simplement celle d’un tueur fou qui décime tout le monde – c’est déjà ça.

Enfin, il y a les comédiens. S’ils sont loin d’être tous bons, l’actrice principale – la très voluptueuse Emmanuelle Escourrou – est aussi charmante que convaincante. Quant aux apparitions de Jean-Yves Lafesse, Alain Chabat, et quelques autres « guest stars », on ne peut évidemment que les apprécier.

Alain Chabat et Emmanuelle Escourrou dans "Baby Blood"

Alain Chabat et Emmanuelle Escourrou

Pour conclure, Baby Blood s’en sort plutôt bien dans un genre boudé par le cinéma français (comme beaucoup d’autres) ; et surtout, le plaisir que le réalisateur et l’équipe du film a probablement éprouvé en le tournant est très communicatif. Courageux, attachant, jusqu’au-boutiste et assumant pleinement ses partis pris, ce film mérite donc d’être vu ; il a même réussi l’exploit d’obtenir le Prix du Jury du Festival d’Avoriaz bien qu’étant projeté hors compétition…

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3 commentaires

  1. Clare
    Le 19 septembre 2009 à 19:12 | Permalien

    C’est le film à voir avec une bande de potes fans de gore devant des pizzas, ça, non ?
    Et comme je n’ai pas de bande de potes fans de gore, je ne sais pas si je vais faire l’effort de chercher à le voir… ;)

    Franju, « films d’horreur » ? Je n’ai vu que Les yeux sans visage, et j’ai peut-être des a priori, hein, mais il y a une telle poésie dans ce film, une telle grâce, que ça ne sera jamais un film d’horreur pour moi ! :)

  2. Le 20 septembre 2009 à 12:42 | Permalien

    « film à voir avec une bande de potes fans de gore devant des pizzas » : oui c’est un peu ce genre là en effet!

    je comprends ce que tu veux dire avec « les yeux sans visage », mais « film d’horreur » ne veut pas toujours dire « disgracieux et dénué de poésie »!

    il y a vraiment de tout dans ce genre. Par exemple on peut considérer que « May » de Lucky McKee est un film d’horreur, tout en étant très esthétique et en un sens poétique.

    D’ailleurs je te le conseille si tu ne l’as pas vu.

  3. Clare
    Le 20 septembre 2009 à 14:58 | Permalien

    Je ne connais pas ce film, May. Je viens d’en lire des critiques qui effectivement donnent bien envie de le voir… Il apparait comme le chaînon manquant entre les films poétiques et les films d’horreur ! ^^

    Merci du tuyau :)

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